Quatre ans après la venue de Jean-Luc Mélenchon, une nouvelle figure de La France Insoumise (LFI) s’apprête à prendre la parole à Sciences Po Rennes. Manon Aubry, eurodéputée et co-présidente du groupe de la Gauche au Parlement européen, est attendue ce lundi dans le cadre d’une conférence organisée sur le campus. Mais cette intervention sur réservation, loin de faire consensus, déclenche une vive polémique.
Deux organisations de droite, L’Espoir Rennais et le syndicat l’UNI, dénoncent une opération partisane déguisée en événement académique et appellent à son annulation immédiate. « Une université publique, c’est un sanctuaire du savoir. Pas une tribune pour meetings politiques ni un relais pour des discours partisans », déclare Thomas Rousseau, président de L’Espoir Rennais et candidat aux municipales.
Les critiques vont plus loin ! Les opposants reprochent à Manon Aubry son refus de voter une résolution européenne en faveur de la libération de l’écrivain Boualem Sansal, emprisonné en Algérie. Pour eux, ce « silence assourdissant » trahit ses priorités politiques. Ils fustigent encore ses prises de position jugées « communautaristes », « hostiles aux forces de l’ordre » et « souvent marquées par une logique de clientélisme politique ».
Les opposants ne s’en tiennent pas à une posture de rejet : ils réclament une forme de pluralisme démocratique. À défaut d’une annulation, ils proposent l’invitation d’un intervenant d’un autre bord politique, comme François-Xavier Bellamy, eurodéputé et vice-président du Parti populaire européen (PPE), afin d’ouvrir un véritable débat contradictoire. « Sciences Po doit choisir : neutralité ou dérive idéologique. S’il y a tribune, qu’elle soit partagée », martèle l’UNI Rennes. Lequel déplore un traitement de faveur accordé à l’extrême gauche au sein de l’enseignement supérieur.
Outre sa conférence à Sciences Po, Manon Aubry participera le soir même à la soirée de rentrée des Jeunes Insoumis, prévue au bar La Bonne Nouvelle, place Sainte-Anne. Ce deuxième événement, revendiqué comme militant, renforce, selon ses détracteurs, l’impression d’un déplacement à vocation essentiellement politique. En attendant, la direction de Sciences Po Rennes n’a pas réagi publiquement à la polémique. L’établissement semble choisir la discrétion, alors que le débat enfle autour de la place des discours politiques dans l’enceinte universitaire. Fait notable : Sciences Po Rennes ne communique pas officiellement sur la conférence. Ni le site internet de l’institution, ni ses réseaux sociaux ne mentionnent la venue de Manon Aubry.



