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IL Y A CENT ANS LE SOLDAT LAGREE ETAIT CONDAMNE A MORT POUR QUATRE ASSASSINATS

Le 25 juillet 1916, il y a foule rue Saint-Hélier devant le conseil de la guerre de Région. Y comparait le jeune soldat du 1er régiment d’infanterie coloniale, Pierre Lagrée, auteur de quatre assassinats,  de deux tentatives de meurtres, d’un vol d’effets militaires et de cinquante francs en or. Pas moins que cela…

Tout commence le 2 décembre 1915, à Fermanville, dans la Manche. Ce jour-là, Edouard Bitel, soldat de la 32e compagnie du 1er colonel, est retrouvé mort dans un champ, près du village du Tôt du Bas, à 500 mètres de son cantonnement. Le jeune homme d’excellente réputation et de famille honorable est mort pour quelques sous puisque son portefeuille et son porte-monnaie ont disparu de sa poche.

Après avoir identifié la victime, le soldat Pierre Lagrée, né le 28 novembre 1896 et camarade de Bitel, manifeste une grande affliction. Ce soir-là, il devait dîner avec lui dans un cabaret à quelques mètres de l’endroit où le cadavre de  son ami vient d’être découvert. Mais rien ne semble l’accuser. L’affaire semble bientôt classée…

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Un mois plus tard, le village des Avarieux-en-Quessoy, près de Moncontour, dans les Côtes-du-Nord, est le théâtre d’une horrible tragédie. Le 4 janvier, madame Monvieux, sa fille Marie, âgée de 8 ans et son fils Joseph âgé de 4 ans, sont retrouvées égorgées avec « un raffinement d’atrocité », précise Ouest-Eclair. Les cadavres sont semés par les chemins, les têtes tranchées à l’aide d’un couteau. Cinquante francs ont été dérobés dans la demeure des victimes.

                                      Un parallèle est vite fait entre les deux carnages

Bien vite, le soldat Lagrée, présent dans la région, est mis en cause par la police. Il porte de nombreuses égratignures au visage et sa mère est vue nettoyant les affaires de son fils. « Rappelé par mandat d’arrêt de Cherbourg, précise Ouest-Eclair, il avoue son forfait au cours d’une confrontation. » Mais ses ennuis ne s’arrêtent pas là…les enquêteurs font bien vite un parallèle entre les crimes du Quessoy et celui de Fermanville. « Même souci  d’essaimer les cadavres, même mobile de vol, mêmes protestations et manifestations d’innocence…Il s’improvise porteur de couronne, veille les cadavres au Quessoy, s’offre auprès des parents de Bitel pour remplacer près d’eux leur fils assassiné… »

Emprisonné à la prison militaire de Rennes, le soldat Lagrée fait encore parler de lui. Profitant d’un moment d’inattention, il désarme le gardien Redon et frappe de quatre coups avec la baïonnette le maréchal de logis Bourdennec. Mais en vain, il est aussitôt appréhendé par le sergent major Level et le détenu Leleu. Pour l’ensemble de ces méfaits, Pierre Lagrée est condamné à mort le 25 juillet 1916 et fusillé le 21 août 1916. Selon toutes vraisemblances, le vol était le mobile de ses assassinats. Il voulait de l’argent et repartir aux Etats-Unis où il avait vécu quatre ans.  

Jean-Christophe COLLET
Jean-Christophe COLLET
J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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