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IL Y A CENT ANS : LE RENNAIS FRANCIS SIMON EUT L’IDÉE DU SOLDAT INCONNU

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Le 26 novembre 2016, en présence de Jean-Yves Le Drian, ministre de La Défense, au cimetière de l’Est, les Rennais rendront hommage à l’un des leurs : François Simon, dit Francis Simon. Il y a cent ans, le 26 novembre 1916, l’homme trouva juste de rendre hommage à un soldat inconnu qui représenterait les valeureux combattants morts pour la France. Son idée fut reprise après guerre par le Gouvernement français.

“C’était un homme fabuleux,” explique l’une de ses descendantes, Laurence Simon. Comme elle, son cousin Christian lui voue un vrai culte. “Je recherche des documents partout où je peux, dans des bibliothèques, dans des médiathèques ou sur le Net.” Samedi, tous deux seront présents aux côtés des officiels et des représentants  du Souvenir Français (1). “Ce sera un devoir d’être là. Je quête depuis mon plus jeune âge pour le Souvenir Français (1) et l’entretien des tombes militaires”, confie Laurence.

3Francis Simon (1860-1937)

Comme ses descendants, l’imprimeur de cartes postales et de Rennes illustré de 400 pages fut très engagé aux côtés des hommes et des femmes du Souvenir français. Vice-président en 1904, il en devient par la suite président. “Il imposa le Souvenir Français comme l’acteur principal du souvenir des combattants tombés au front,” explique le Bulletin n°504 de l’association en octobre 2016. Mais pas seulement, il créa L’escorte d’honneur le 2 septembre 1914 dont la devise tenait en trois mots : “une visite, une fleur, une prière.”

                                                       Un homme de grande bonté !

Dès le début de la Guerre, Francis Simon était de tous les inhumations de nos soldats morts dans les hôpitaux rennais. “Homme de grande bonté, il réconfortait les familles éprouvées et était toujours prêt à aider les autres,” ajoute le Bulletin. Marqué par la mort de son fils, le lieutenant Henri Simon, tombé le 16 juin 1915, en Artois, il fut le premier à émettre l’idée d’un hommage national à un soldat inconnu. “Pourquoi la France n’ouvrirait-elle pas les portes du Panthéon à l’un de ces combattants ignorés mort bravement pour la Patrie ?” déclara-t-il devant le Monument aux morts du Souvenir Français le 26 novembre 1916, à Rennes. “Cette inhumation serait comme un symbole… Et ils seront ainsi, nos morts, entourés d’une atmosphère de gloire qu’entretiendra l’âme éternelle et reconnaissante de la France.”

Quelques années plus tard, la tombe du Soldat Inconnu devenait une réalité non pas au Panthéon, mais sous l’Arc de Triomphe. “C’est André Maginot, ministre des Pensions et lui-même mutilé de guerre, qui présida la cérémonie de choix du soldat à inhumer dans le lieu mythique de la Grande guerre : la citadelle de Verdun,” rappelle le Bulletin. “Huit corps de soldats ayant servi sous l’uniforme français mais qui n’avaient pu être identifiés furent exhumés dans les huit régions où s’étaient déroulés les combats les plus meurtriers : en Flandre, en Artois, dans la Somme, en Ile de France, au Chemin des Dames, en Champagne, à Verdun et en Lorraine.”

                                                                   Ce sera le sixième cercueil !

Le 9 novembre 1920, Auguste Thin  eut la délicate tâche de désigner le Soldat Inconnu : « Il me vint une idée simple,” rappela-t-il en son temps. “J’appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132 RI, c’est également le chiffre 6 que je retiens. Ma décision est prise : ce sera le 6e cercueil que je choisirai». Le 10 novembre 1920, la dépouille quitta pour Paris pour être placée en terre sous l’Arc de Triomphe le 28 janvier 1921, en présence des maréchaux Foch, Joffre et Pétain.

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A propos de son arrière grand-père : “c’est une fierté que je ne vais pas crier sur tous les toits ! Mais je suis heureux de penser que mon aïeul fut un grand homme qui fit beaucoup pour ses semblables.”

Oublié injustement, Francis Simon continua tout de même son action en faveur du Souvenir Français. Il est mort la même année que sa femme le 10 novembre 1937 à Rennes où il est inhumé au cimetière du Nord. Son fils Maurice fut  président du Souvenir Français et son petit-fils Aymeric, également pendant 40 ans. En mémoire de Francis Simon, la ville de Rennes va organiser une grande cérémonie durant laquelle l’un de ses descendants lira le discours de son aïeul au cimetière de l’Est.

(1) L’association Souvenir Français garde le souvenir des soldats morts pour la France par l’entretien de tombes et de monuments

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A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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