C’était l’une des décisions les plus attendues du monde économique et des mobilités en Bretagne. Après près de deux années d’études, d’analyses et de négociations, la Région Bretagne a choisi le groupement Vinci Airports, la Chambre de commerce et d’industrie d’Ille-et-Vilaine et la SEALAR pour exploiter les aéroports de Rennes et Dinard pour les vingt prochaines années.
Le président de Région, Loïg Chesnais-Girard, proposera officiellement ce choix aux élus de la commission permanente le 6 juillet prochain. S’ils le valident, le nouveau contrat de concession entrera en vigueur le 1er janvier 2027. Cette désignation s’inscrira dans une forme de continuité. Le consortium retenu n’est autre que le concessionnaire sortant. Vinci Airports exploite déjà les deux plateformes bretilliennes et gère également l’aéroport de Nantes-Atlantique, principal concurrent de Rennes dans le Grand Ouest.
Vinci pourrait permettre de mieux articuler les offres aéroportuaires régionales
« Après analyse des deux offres finales, de grande qualité, la décision de l’exécutif s’est portée sur le groupement Vinci-CCI35-SEALAR, déjà concessionnaire des deux aéroports », souligne la Région Bretagne. Pour la collectivité, cette offre « s’inscrit dans la continuité » tout en répondant « aux nouvelles exigences fixées par la collectivité » dans le cadre de sa stratégie aéroportuaire.
L’objectif affiché est dedévelopper le trafic à Rennes, qui a accueilli 512 000 passagers en 2025, tout en renforçant les liaisons vers les grands hubs européens, notamment Amsterdam, et les destinations du bassin méditerranéen. La Région souhaite surtout reconquérir une partie des voyageurs d’Ille-et-Vilaine qui choisissent aujourd’hui les aéroports de Nantes ou de Paris pour leurs déplacements. « À ce jour, l’aéroport de Rennes ne capte pas suffisamment de voyageurs résidant ou travaillant en Ille-et-Vilaine », rappelle la collectivité. « L’enjeu pour le concessionnaire est donc de reconquérir la majeure partie d’une clientèle voyageant principalement via Nantes et Paris. »
La nouvelle concession mettra au passage l’accent sur la transition écologique. La neutralité carbone des infrastructures, hors émissions des avions, devra être atteinte d’ici 2040. Le futur exploitant prévoit notamment la création d’un vaste parc photovoltaïque avant 2032 ainsi que le développement des accès décarbonés vers les terminaux, en favorisant les transports collectifs et les mobilités douces. Autre point important pour les finances publiques : la Région assure que le modèle économique reposera sur un autofinancement durable grâce à la croissance du trafic et aux recettes générées par les activités annexes, notamment la production d’énergie solaire. « La capacité d’autofinancement permettra au consortium d’investir et à la Région de ne pas mobiliser de concours publics sur la modernisation de l’aéroport », souligne-t-elle.


