La niche de l’hôtel de ville de Rennes attire aujourd’hui les regards pour une autre raison que son architecture. Un grand tag BZH libre recouvre la pierre, clin d’œil moderne à une histoire bien plus ancienne et plus tendue. C’est à cet endroit qu’a explosé, le 7 août 1932, une bombe posée par deux militants bretons, Célestin Lainé et André Geffroy. Leur cible était la statue d’Anne de Bretagne réalisée par le sculpteur Jean Boucher. Depuis son installation en 1911, l’œuvre était contestée par une partie du mouvement breton. On lui reprochait la posture agenouillée de la duchesse devant le roi de France. Ce geste violent n’était pas choisi au hasard. Le même jour, Vannes célébrait en grande pompe le 400e anniversaire de l’union de la Bretagne à la France. Pour les militants indépendantistes, c’était le moment idéal pour envoyer un signal politique. L’attentat devient alors la première action du groupe Gwenn ha Du, futur nom connu dans l’histoire du militantisme breton. Il marqua l’entrée de la lutte bretonne dans une forme d’action directe et dans l’histoire régionaliste. Près d’un siècle plus tard, le tag BZH libre rappelle que cette histoire continue de résonner.


