Vital Mussard (ou Paul-Vidal) est un peintre français du XIXᵉ siècle, resté en marge des grands récits de l’histoire de l’art. Son nom apparaît toutefois dans quelques ventes publiques et collections privées, sans qu’une biographie complète n’ait été pleinement reconstituée par les historiens. Comme nombre d’artistes provinciaux de son temps, il a mené une carrière discrète, loin de Paris, tout en participant activement à la vie artistique locale et bretonne.
Les œuvres qui lui sont attribuées (dont celles de l’affiche de l’expo actuelle du Musée des Beaux-Arts) relèvent d’une peinture figurative académique. Elles sont principalement des portraits, parfois des scènes de genre, exécutés avec le soin de son époque. Cette production répondait sans doute aux besoins d’une clientèle locale (notables, familles bourgeoises, commandes privées).
Fut-il élève de Léon Cogniet, figure majeure de la peinture française du XIXᵉ siècle et professeur aux Beaux-Arts de Paris ?
Dans le Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs (Bénézit), l’artiste apparaît sous le nom de Paul-Vidal Mussard, qualifié de portraitiste, « né à Rennes au XIXᵉ siècle (École française) ». Elève d’un certain Cogniet, il figure au Salon de Paris de 1861 à 1864. Cette présence régulière dans le principal rendez-vous artistique de l’époque atteste sans doute d’une reconnaissance institutionnelle réelle, même si elle n’a pas débouché sur une postérité durable.
Né à Rennes en 1818 et mort dans la même ville en 1888, Vital Mussard fut formé à l’école de peinture, sculpture et dessin de Rennes, avant de poursuivre son apprentissage aux Beaux-Arts de Paris. Il demeure cependant surtout connu pour son rôle de professeur : il enseigne à l’école de peinture de Rennes de 1856 à 1881, puis à l’École régionale des Beaux-Arts de Rennes entre 1881 et 1888. Pendant plus de trente ans, il participe à la formation de générations d’élèves, incarnant cette transmission qui fonde l’histoire des Beaux-Arts en province.
Conservé au Musée des beaux-arts de Rennes, son Portrait d’adolescent dessinant un paysage (huile sur toile, vers 1860, inv. 888.42.1) constitue aujourd’hui l’une des très rares œuvres connues de l’artiste. Probablement inspiré par l’un de ses élèves, ce tableau restitue avec précision la tenue et la posture d’un élève sous le Second Empire (1852-1870). Au-delà de ses qualités plastiques, l’œuvre fait figure de document historique sur l’enseignement artistique à Rennes au XIXᵉ siècle.
Signe d’une redécouverte patrimoniale en cours, ce Portrait d’adolescent dessinant un paysage a été choisi pour figurer sur l’affiche officielle de l’exposition La Jeunesse des Beaux-Arts de Rennes, présentée au Musée des beaux-arts de Rennes. Une reconnaissance tardive mais symbolique pour ce professeur oublié, dont l’héritage s’est longtemps transmis moins par les cimaises que par les élèves qu’il a formés. La jeunesse des Beaux-Arts de Rennes, au musée, jusqu’au 29 mars.


