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jeudi 14 mai 2026
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Frais d’inscription des étudiants étrangers : le refus de Rennes 2 

Le projet du gouvernement visant à renforcer l’application des frais d’inscription différenciés pour les étudiants extra-communautaires continue de provoquer une vive contestation dans l’enseignement supérieur. Mardi 12 mai, le texte présenté par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a été très largement rejeté par les élus du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), une instance consultative réunissant représentants des universités, des personnels et des étudiants.

Une opposition vive de Rennes 2

Porté par le ministre Philippe Baptiste dans le cadre du plan « Choose France for Higher Education », ce projet vise à appliquer plus strictement les droits d’inscription différenciés instaurés en 2019 mais rarement mis en œuvre dans les universités françaises. Concrètement, les étudiants extra-communautaires non exonérés devraient payer 2 895 euros par an en licence et 3 941 euros en master, contre quelques centaines d’euros actuellement. Comme le rappelle Ouest-France, le gouvernement espère à terme plusieurs centaines de millions d’euros de recettes supplémentaires grâce à cette réforme, dans un contexte de fortes tensions budgétaires pour les établissements d’enseignement supérieur.

Face à la contestation du monde universitaire, le gouvernement a toutefois revu sa copie. Comme l’a révélé Le Parisien, le ministère propose désormais de relever le plafond d’exonération accordé aux universités. Alors que la première version du texte limitait à 10 % la part des étudiants pouvant être dispensés de ces frais, le nouveau projet fixe un objectif de 20 %, avec une période transitoire à 30 % dès la rentrée 2026 puis 25 % en 2027. 

Selon le ministère, cet assouplissement fait suite aux échanges menés avec les présidences d’université et France Universités afin « de faciliter la mise en œuvre » du dispositif. Malgré cette évolution, la mesure reste fortement contestée.  À Rennes, l’Université Université Rennes 2 a immédiatement réaffirmé son opposition au projet. Dans un communiqué publié après le vote du Cneser, la présidence rappelle que l’établissement refuse depuis 2019 d’appliquer les frais différenciés pour les étudiants extra-communautaires. «C’est un point de consensus au niveau de l’établissement, malgré notre situation financière précaire», souligne l’université. «Ce n’est pas aux étudiantes et étudiants internationaux de payer pour un déficit dû au sous-financement structurel des universités françaises. »

Pour Rennes 2,  cette hausse des frais serait « contre-productive » et constituerait « un frein considérable » pour les étudiants étrangers aux revenus modestes, « dont la plupart proviennent de pays du Sud. » Au passage, l’université souligne que ces étudiants «ne bénéficieront déjà plus des APL à la rentrée prochaine », ce qui rendrait « cette hausse de plusieurs milliers d’euros très difficile à assumer. »

La présidence craint surtout «un effet dissuasif» sur les inscriptions internationales.  Un effet d’autant plus problématique que la présence des étudiants étrangers représente « une richesse » pour les universités françaises « sur les plans pédagogique, scientifique et culturel ».« L’internationalisation de nos formations s’appuie aussi sur eux et elles, dont beaucoup deviendront ensuite les ambassadeurs et ambassadrices de nos établissements à l’étranger », insiste Rennes 2,. Laquelle réaffirme son attachement « au maintien de l’ouverture internationale, notamment vers les pays du Sud et l’Afrique francophone ».

Dans ce contexte de mobilisation autour des étudiants étrangers, SUD Éducation 35 alerte sur la situation de dix étudiants de Gaza admis dans des universités rennaises mais toujours empêchés de rejoindre la France en raison du blocage des évacuations. SUD Éducation 35, aux côtés du collectif Universitaires avec Gaza, dénonce « des procédures opaques » et des critères « d’excellence » jugés « totalement inadaptés au contexte de guerre et de génocide à Gaza. ». Co-secrétaire départementale de SUD Éducation 35 et membre du collectif Universitaires avec Gaza, Fabienne Portanguen,  appelle à « une mobilisation urgente des autorités françaises » afin de permettre l’évacuation effective de ces étudiants et le respect de leur droit à l’éducation.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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