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dimanche 3 mars 2024
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UN PAVILLON CONTRE LES LOGEMENTS INSALUBRES

Rue Bertrand, dans le centre-ville, l’immeuble est cossu. Mais le long de sa façade, une banderole virevolte au vent. Elle porte une simple inscription : logements insalubres ! « Elle est là depuis quelques jours », fait remarquer un riverain. « Elle a été posée par un voisin. » A Rennes, nombreux sont les locataires qui se plaignent de leurs conditions d’habitation. « J’ai quitté mon appartement », explique une étudiante en droit. « Je ne voulais pas me battre contre le propriétaire », ajoute-t-il.

Désormais, la jeune femme préfère oublier les rats, l’humidité, les fils électriques qui pendouillent. « Beaucoup de mes copines sont dans ce cas-là », assure-t-elle. Impossible d’inventorier le nombre de résidences toutes sauf saines. Mais la ville est consciente du problème. Le 5 décembre dernier, elle a voté la « troisième phase » de rénovation et d’aménagement du centre ancien de Rennes. « Nos objectifs sont la sauvegarde du patrimoine, la mise en sécurité des immeubles, la lutte contre l’insalubrité et le logement indigne.»

environ 400 immeubles restent menacés par l’insalubrité

De 2023 à 2030, la ville espère rénover une centaine d’immeubles, soit environ 600 logements. «Un effort particulier sera mené pour optimiser la performance thermique des bâtiments.»  Depuis 2011, Rennes Centre Ancien I (2011-2016) et Rennes Centre Ancien II (2016-2023) ont réhabilité 243 édifices dégradés, soit 2 000 logements et 200 locaux à usage commercial pour un montant total de travaux atteignant 110 millions d’euros. Ces actions entrent dans le cadre d’une Opération programmée d’Amélioration de l’Habitat — Renouvellement Urbain. Elles permettent d’aider les propriétaires et copropriétaires privés techniquement (travaux), financièrement (subventions publiques) et administrativement (équipe dédiée). «Actuellement, rue Saint-Michel, 87 % des immeubles sont en cours d’intervention ou terminés», précisait la municipalité.

Rennes n’est pas la seule métropole concernée, en France.  “Le drame des effondrements immeubles à Marseille a mis en avant l’urgence. Aujourd’hui, 900 000 à 1 300 000 personnes sont contraintes de vivre dans des conditions d’habitat indignes”, explique la fondation de l’abbé Pierre. Très présent dans des centres anciens de grandes agglomérations, ce phénomène massif est en grande partie le résultat d’une crise du logement et l’explosion des loyers dans le parc privé. «Mais les actions menées pour résorber ces différentes manifestations de l’habitat indigne — toutes plus préoccupantes les unes que les autres — sont nettement sous-calibrées», estime la Fondation.

À l’heure actuelle, les nombreux outils, moyens financiers et dispositifs de l’Etat ne sont pas suffisamment saisis par les forces vives sur le terrain. «Trop de territoires n’ont pas mis en place d’opérations de lutte contre l’habitat indigne et trop de ménages restent en souffrance, dans l’attente d’une aide de la puissance publique. Les procédures coercitives (arrêtés d’insalubrité et de péril notamment) ne sont pas engagées ou pas suivies comme il le faudrait par les agents de l’Etat ou des services d’hygiène. La justice peine encore trop à poursuivre et condamner de manière effective les personnes qui ne respectent pas la loi.»

D’après la Fondation, ce sont environ 60 000 logements indignes qui doivent être rénovés chaque année pendant 10 ans. «À l’heure actuelle, les ambitions fixées à l’Agence Nationale de l’Habitat sont seulement de 10 000 à 15 000 logements à traiter par an, et ne sont pas atteintes (78 % en 2017 sur un objectif de 14 500 logements).» La bataille contre l’habitat indigne sera enrayée par la mise en œuvre de toutes les mesures portées depuis des années par les associations et la Fondation Abbé Pierre. Elle le sera par des loyers abordables, l’augmentation des APL, le renforcement des moyens pour les quartiers défavorisés… Signaler le logement en ligne sur habitat-indigne35.fr. Téléphoner au 0 806 706 806. Adresser un mail à [email protected]. Pour plus de renseignements : Adil, rue Poullain Duparc à Rennes

Infos + : Lorsque les situations sont repérées, les arrêtés préfectoraux ou municipaux obligent les copropriétaires à prendre en charge la réparation des désordres. À défaut de réalisation, le maire ou le préfet peut être amené à se substituer aux propriétaires défaillants pour un, plusieurs logements ou l’immeuble entier. Ce sont au total environ 25 000 logements qui sont concernés chaque année en France par ces procédures diverses, au titre de l’insalubrité et l’indécence.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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