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samedi 20 juillet 2024
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UN OFFICIER DE POLICE RENNAIS : « ON N’INTERPELLERA PLUS QUE DES HOMMES BLANCS POUR ÉVITER DE SE FAIRE TRAITER DE RACISTES » !

Olivier M (prénom changé) est officier de police à Rennes. Il est en colère comme nombreux de ses collègues. « C’est la première fois dans l’histoire de notre profession qu’un ministre de l’intérieur nous plante un couteau dans le dos ! », assène-t-il. « Pour être policier, il faut aimer les gens. On ne peut donc pas être raciste. Dans l’exercice de notre profession, on ne peut pas faire de différence entre un blanc et un noir. En vingt-cinq ans de carrière, j’ai toujours respecté les délinquants en les appelant « monsieur »

On leur a sauvé leur peau !

« Dans nos rangs, il y a peut-être des racistes, comme il y en a dans la socieété française. Mais chez nous, nous sommes divers et variés. Tout le monde s’entend pour travailler ensemble et dans la bonne entente. Et franchement, dans ma carrière, des vrais racistes, je n’en ai pas croisé beaucoup. Comme tout le monde, j’ai eu les larmes aux yeux devant Georges Floyd à terre. J’ai été outré par l’attitude du policier américain qui immobilise cet homme de manière humiliante. J’aurais été le premier à descendre pour soutenir Georges Floyd. »

Olivier regrette désormais l’attitude du ministre.  Il fait de la politique en enfonçant toute une profession. Ce n’est pas digne. Il n’est plus pour nous le premier flic de France. Contre lui, il va y avoir des rassemblements tous les jours. Encore aujourd’hui, des policiers rennais ont jeté leurs menottes en signe de protestation devant la préfecture de Rennes (notre photo). » Amer, vraiment amer, il rappelle l’engagement de ses collègues au quotidien. « Pendant la manifestation des gilets jaunes, on leur a sauvé la peau. Au moment où les manifestants voulaient prendre d’assaut l’Élysée, les policiers et les gendarmes étaient là et heureusement ! A l’époque, nous étions formidables et personne ne parlait de violences policières. »

Le ministre nous lâche et nous lynche

Depuis, le vent a tourné ! « Mais nous ne pensions pas que le Gouvernement nous lâcherait comme cela. Le ministère de l’intérieur ne peut pas se comporter comme cela à l’égard de ses troupes. Il nous lâche et nous lynche. Avec tout ce que l’on a donné sur les manifs (blessures et insultes), nous nous demandons aujourd’hui pourquoi nous nous sommes battus pour eux. » Comme beaucoup de policiers, Olivier s’inquiète désormais sur les interventions policières dans les milieux « délicats ». « Nous avons des plaintes à tout va contre nous pour violences policières. Toutes nos opérations sont remises en cause. On risque d’être moins enclins à se bouger…A Rennes, tous les collègues sont démotivés. Beaucoup se disent : on n’interpellera plus que des hommes blancs pour éviter de se faire traiter de racistes… « 

Jean-Christophe COLLET
Jean-Christophe COLLET
J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

1 commentaire

  1. Puisque votre article ne donne la parole qu’à un policier, sans contradicteur, je réagis.
     » Pour être policier, il faut aimer les gens. On ne peut donc pas être raciste. » L’argumentation semble logique mais ne l’est pas, car tous les policiers « n’aiment pas les gens  » (certains sont là faute de mieux ou car il aiment l’ordre et aussi car on peut « aimer les gens » mais pas « tous les gens », c’est même la définition du racisme : n’en apprécier que certains et en détester d’autres..
    « Dans nos rangs, il y a peut-être des racistes ». « peut-être ».. Cette phrase est contradictoire avec ce qu’il dit au-dessus ou alors il veut dire que les policiers racistes ne sont pas des policiers au sens où il l’entend..Dans ce cas, qu’attend-on pour les remettre en question ?
    Dans l’exercice de notre profession, on ne peut pas faire de différence entre un blanc et un noir (.) » Un jour j’ai appelé la police car il y avait plusieurs ados qui en excitaient un autre pour qu’il ouvre à coups de pieds une porte (d’un local où des vélos avaient déjà été volés. Peu importe.) J’étais intervenu mais plusieurs revenaient et étaient assez menaçants. La 1ère chose – je dis bien la 1ère chose – que m’a demandé le policier au bout du fil a été  » il y a des noirs ? ». J’ai été surpris et choqué de cette question. Il m’a expliqué qu’il fallait que je sois capable de décrire les personnes menaçantes. Mais pourquoi ne m’a-t-il pas demandé s’il y avait des blancs ? Etrange non ? (désormais j’enregistrerai mon prochain appel à la police, en souhaitant qu’l n’y ait pas de prochain appel..)
    A quand votre interview – pour équilibrer le traitement du sujet, comme tout bon journaliste – de quelqu’un qui s’estimerait avoir rencontré un ou des policier(s) racistes ?

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