Un simple papier est scotché sur la porte massive en bois. Il y est écrit : « en raison du froid et de l’absence de chauffage, la messe de 10 h 30, habituellement célébrée à la cathédrale, aura désormais lieu à la basilique Saint-Sauveur. » L’information est banale, diront les grincheux. Pourtant, elle en dit long sur le manque de moyens financiers de nos cathos, sur le prix de l’énergie ou, tout simplement, sur une prise de conscience environnementale. « La chaudière doit être réparée, réparation qui est du ressort de la DRAC Bretagne au titre des monuments historiques. Le problème dure depuis de nombreuses années », indique un paroissien.
Ce choix, dicté par des contraintes très matérielles, résonne presque comme une parabole. Il déplaira à ceux, les plus indigents, qui cherchent la chaleur des bâtisses religieuses. Il contrariera aussi ceux qui veulent réchauffer leur cœur dans une enceinte religieuse et maintenir la flamme de la foi. Mais chauffer une grande église, c’est chauffer du vide : des mètres cubes d’air, des pierres froides. Rien à voir avec une petite basilique, où la chaleur, y compris humaine, circule mieux.
Ce déménagement de la foi n’est pas sans rappeler ce que vivent les habitants des quartiers populaires ces dernières semaines. En raison d’un réseau vieillissant, des habitants de Maurepas, de Villejean et du Blosne sont frigorifiés dans leurs logements. On parle désormais d’optimisation calorifique, de sobriété, mais derrière ces mots, il y a surtout une fatigue. Celle de devoir compter la chaleur comme on compte les euros. La situation de la cathédrale a quelque chose de symbolique…


