À l’approche des élections municipales, une nouvelle liste entend se démarquer nettement du paysage politique rennais. Conduite par Morgane Pernot Goarvot, elle est soutenue par le Parti des travailleurs. Dans sa ligne de mire : la démarche gouvernementale et sa déclinaison locale et socialiste, accusée d’accompagner la privatisation progressive des services publics, la dégradation de l’hôpital et l’aggravation de la précarité sociale.
« Les gens qui ont besoin d’être soignés n’ont plus accès à l’hôpital public », Laurent Priet.
Au cœur de leur campagne, ces militants socialistes se préoccupent de la situation du CHU de Rennes et l’hôpital Sud. Pour Laurent Priet, déjà connu pour ses nombreuses candidatures, la responsabilité est clairement politique. « Aujourd’hui, l’hôpital public est en train d’être vidé de sa substance. Les patients qui ont besoin d’être soignés n’ont plus réellement accès à l’hôpital public. La politique de Macron accélère désormais le transfert des soins vers le privé. Et ce qui se passe à Rennes en est un exemple très concret. Nous, au contraire, nous sommes pour la défense du service public et contre les fermetures de lits.»
Si la fermeture de l’hôpital Sud est actée dans les hautes instances, elle reste largement ignorée d’une partie de la population. Pierre Priet, frère de Laurent, insiste sur ce décalage. « L’hôpital Sud fonctionne aujourd’hui. Il y a des centaines de patients, des enfants, des familles qui y viennent. Mais quand on distribue des tracts devant l’hôpital, on se rend compte que beaucoup de gens ne sont même pas au courant de sa fermeture. Quand ils l’apprennent, ils sont choqués. » Pour lui, la communication institutionnelle masque une réalité bien plus brutale. « On a beau dire que tout est décidé, tant que l’hôpital est debout et qu’il fonctionne, les citoyens ont du mal à réaliser ce qui se prépare. Et pourtant, la décision est largement actée. »
La mairie a validé la politique d’asphyxie de l’hôpital public menée par Emmanuel Macron », Pierre Priet
Dans cette affaire, Laurent Priet met directement en cause la municipalité sortante. « Nathalie Appéré est maire de Rennes et présidente du conseil de surveillance du CHU. Son adjoint à la santé siège aussi dans ces instances. Tous deux ont validé la politique d’asphyxie de l’hôpital public. Quand on voit la situation des urgences, leur silence est assourdissant. » Pour lui, la majorité PS-PCF-EELV applique localement une politique qu’elle prétend parfois décrier à l’échelle nationale. «Nos élus renvoient la faute de l’État. Mais à un moment donné, soit on s’oppose à la politique de Macron, soit on l’accompagne. Eux l’accompagnent. »
Leur critique s’étend aussi aujourd’hui au monde culturel et associatif. Très remonté, Pierre Priet évoque un affaiblissement progressif de l’éducation populaire. « Les maisons de quartier ont vu leurs subventions baisser, leurs activités renchérir, et leurs marges de manœuvre se réduire. Une salle qui coûtait 12 euros pour une association il y a encore peu de temps peut aujourd’hui revenir à plus de 70 euros. Pour de petits collectifs, c’est naturellement dissuasif. » Au passage, il dénonce un choix politique. « L’accès à la culture par le bas, dans les écoles, les centres sociaux, est de plus en plus difficile. À l’inverse, on voit se multiplier des opérations de prestige. »
Tête de liste, Morgane Pernot Goarvot s’indigne contre l’action municipale dans le registre social. « Je ne puis comprendre que des étudiants ne mangent pas à leur faim, que des personne dorment dehors. Ce sont des besoins élémentaires qui ne sont pas remplis. » Pour elle, la ville dispose pourtant de leviers concrets. « Une mairie peut réquisitionner des bâtiments vides. Elle peut se rendre au CROUS et exiger des repas chauds pour tous les étudiants. Si elle le fait pas, ce n’est pas un problème juridique, c’est un choix politique. »
Être tête de liste ne signifie pas gouverner seule. C’est un engagement collectif, porté par une équipe, dans une période de crise sociale profonde. » Morgane Pernot Goarvot.
Autre axe fort de la campagne : la gestion du chauffage urbain, actuellement livrée à un consortium incluant Engie. « Les habitants paient tous les mois des charges, dont une part est censée financer l’entretien du réseau. Or aujourd’hui, on nous dit que celui-ci est vétuste. Cela pose une question simple : où est passé l’argent ? », s’interroge Laurent Priet. Contre ces pratiques, la liste revendique plus de transparence. « Toutes ces délégations de services sont marquées par une grande opacité. Nous demandons les chiffres, et nous voulons que ces services essentiels reviennent sous le contrôle de la puissance publique. »
Pour Laurent Priet, cette campagne est avant tout une remise en cause du fonctionnement institutionnel actuel. « Les décisions les plus lourdes sont prises en dehors des échéances électorales, sur des contrats à plusieurs milliards. La population n’a jamais réellement son mot à dire. Nous voulons remettre ces choix au centre du débat démocratique. » Cette liste prévoit au moins trois réunions publiques, dont le 6 mars, à la maison de quartier de Villejean et le 11 mars à la salle du jeu de Paume


