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samedi 24 janvier 2026
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Toussaint-François Jourjon : artiste et passeur de talents au XIXe siècle

Longtemps resté dans l’ombre, Toussaint François Jourjon retrouve aujourd’hui une place plus lisible dans la vie rennaise, grâce à la dernière exposition du Musée des Beaux-arts de Rennes. Né à Rennes en 1809, mort dans la même ville en 1857, il fut pourtant, de son vivant, une figure reconnue. Son parcours fut salué par ses contemporains. « M. Jourjon jeune a succombé à la longue et douloureuse maladie qui l’avait forcé de cesser tout travail, il y a plusieurs mois déjà. Élève distingué de l’École des Beaux-Arts et second grand prix de Rome, M. Jourjon, frère du colonel du génie dont notre ville s’honore, était revenu à Rennes. Il y avait conquis par ses travaux artistiques et par son caractère personnel, une honorable position », écrit Armand Guéraud dans la Revue des Provinces de l’Ouest. 

Mais c’est aujourd’hui grâce aux recherches de Guillaume Kazerouni que son itinéraire peut être retracé avec précision. L’historien de l’art met en lumière une formation précoce : éveillé à l’art dans l’atelier de son père. Toussaint Jourjon entre dès 1818, à l’âge de neuf ans, à l’école de dessin de Rennes. Le jury du concours de cette même année note déjà ses compétences. « Le jeune Jourjon, encore très enfant, semble annoncer beaucoup de dispositions et ses progrès pour le peu de temps qu’il est à l’école sont assez rapides ! » Cet apprentissage sérieux est ponctué de prix entre 1822 et 1830, qui lui ouvre les portes des Beaux-Arts de Paris avec le soutien financier de la Ville de Rennes.

À Paris, inscrit en 1832 comme élève de Gros et de Drölling,Toussaint Jourjon poursuit un double parcours en peinture et en sculpture. En 1836, il se classe neuvième au concours du prix de Rome en peinture, puis obtient le second grand prix de sculpture avec Jules Cavelier. C’est également dans ces années de formation qu’il réalise des copies d’après les maîtres, dont Bélisaire demandant l’aumône de Jacques-Louis David. Comme le souligne Guillaume Kazerouni, ces œuvres d’étude permettront à la fois de mesurer les progrès de l’élève et de lui assurer un soutien financier, certaines étant acquises par la ville de Rennes.

Revenu dans la capitale bretonne, Toussaint Jourjon s’impose comme un passeur. « Professeur directeur de notre École de peinture, il donnait à nos jeunes concitoyens qui se destinent à la carrière des beaux-arts des soins tout personnels », rappelle la presse de l’époque. Marié en 1836 à Françoise Anne Eon du Val, père de deux enfants, il transmet aussi son savoir à ses proches. Sa fille Marie Roy fut son élève et devint portraitiste. « M. Jourjon laisse après lui, dans plus d’une famille, ces portraits qu’il excellait à faire ». Grâce aux travaux de Guillaume Kazerouni, cet héritage discret, mais solide retrouve aujourd’hui toute sa place dans l’histoire de Rennes. Voir l’exposition La Jeunesse des Beaux-Arts, Rennes et ses artistes, 1794-1881, Musée des Beaux-arts de Rennes. 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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