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mardi 20 janvier 2026
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Benjamin Dierstein : le roman noir dans la peau

Il est Rennais. Sans bruit, il est devenu l’une des figures les plus scrutées du roman noir politique français. Benjamin Dierstein vit près de Rennes, loin du microcosme parisien. Mais ses livres, eux, occupent désormais le centre du débat littéraire et intellectuel. Avec 14 juillet, son nouvel ouvrage publié aux éditions Flammarion et disponible en librairie le 7 janvier, il clôt une trilogie importante qui ausculte les ombres et les violences de la Ve République.

 Anar imprégné d’électro, le quarantenaire dépèce la violence politique de la Ve République dans des romans-fleuves jubilatoires. » (Télérama)

Dernier volet de la trilogie Bleus, Blancs, Rouges, 14 juillet s’inscrit dans une fresque de plus de deux mille cinq cents pages consacrées aux années 1970-1980. Le Magazine littéraire parle d’« une ambition romanesque portée par une écriture précise, incarnée, rapide », saluant « ce qui se fait de mieux dans le secteur ». Dans son récit, on traverse l’arrestation de Mesrine, les attentats d’Action directe, la guerre des polices, la Françafrique et les coulisses du pouvoir mitterrandien. On y découvre aussi l’émergence du punk, du disco et des boîtes de nuit. « Benjamin Dierstein n’aime pas les drapeaux. Ceux des nations, tout autant que ceux des partis politiques ou des syndicats. L’anarchiste en lui s’en méfie », écrit Télérama.

Ce qui frappe, dans 14 juillet, c’est la manière dont Dierstein mêle passé et trajectoires intimes. « C’est l’histoire d’une période grise. Comme le clair-obscur des entre-deux historiques, d’où peuvent surgir les monstres », décrit Le Monde. Ses personnages récurrents poursuivent leur route, entre compromissions et désillusions. « Les protagonistes sont des petites mains, des demi-soldes, des flics corrompus et autres apprentis révolutionnaires. Ils croisent le chemin de Charles Pasqua, Pierre Joxe, François Mitterrand, Ali Bongo, Jacques Chirac ou Valéry Giscard… », écrit encore Le Monde.

Anarchiste revendiqué, Benjamin Dierstein préfère explorer les zones grises, celles où les idéaux se fissurent et où le pouvoir révèle sa brutalité ordinaire. Ce roman marque aussi une fin. « J’ai toujours du mal à me rendre compte que c’est fini », confie-t-il dans Le Magazine littéraire. Depuis quelques années, l’écrivain s’est fait connaître par une première trilogie remarquée sur la France des années 2011 à 2013. Il a remporté de nombreux prix, dont le prix Landerneau Polar pour Bleus, Blancs, Rouges.

Rennais jusqu’au bout, Benjamin Dierstein continue de partager son temps entre l’écriture et la musique électronique, en dirigeant le label breton Tripalium Corp. Sa double vie irrigue sans doute son style, nerveux, rythmé, sans concession. « Je suis persuadé qu’à force de travail, on peut réussir un truc qui tient la route », ajoute-t-il, un brin sobre dans le Magazine Littéraire. 14 juillet est en tout cas l’aboutissement d’une vision romanesque rare en France, assumée, documentée, profondément politique et un brin anglo-saxonne. Benjamin Dierstein, 14 juillet, Flammarion, au prix de 24,50 euros.

jean-christophe collet
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Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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