Le territoire de santé de Haute-Bretagne, couvrant notamment les secteurs de Rennes, Vitré, Redon et Fougères, traverse actuellement une période de tension hospitalière d’une ampleur exceptionnelle. En première ligne, le Centre hospitalier universitaire de Rennes fait face à un afflux continu de patients dans un contexte sanitaire particulièrement dégradé. La circulation simultanée de plusieurs virus saisonniers, touchant plus durement les personnes âgées et polypathologiques, exerce une pression constante sur les capacités d’accueil. À cette situation déjà fragile s’ajoute le mouvement de grève des professionnels de santé libéraux, qui entraîne un report massif des prises en charge vers l’hôpital, et plus spécifiquement vers les services d’urgences. « La capacité de réponse de l’établissement, malgré les mesures déjà engagées, ne permet plus à elle seule de faire face aux besoins d’hospitalisation », souligne l’Agence régionale de santé.
Face à cette situation, l’ARS Bretagne a décidé, ce vendredi 16 janvier, de déclencher le plan ORSAN EPICLIM sur l’ensemble du territoire de santé de Haute-Bretagne. Ce dispositif exceptionnel vise à garantir la continuité, la sécurité et la qualité des soins lorsque l’activité hospitalière ne peut plus répondre de manière optimale aux besoins de la population. « Le plan repose sur une mobilisation coordonnée et solidaire de l’ensemble des acteurs sanitaires et médico-sociaux », précise l’Agence. Publics et privés sont ainsi appelés à activer leurs plans blancs afin de créer des capacités d’hospitalisation supplémentaires, notamment par l’anticipation des sorties, la déprogrammation d’actes non urgents ou encore le renforcement temporaire des effectifs et des capacités en lits. Ces mesures doivent permettre de soulager l’hôpital rennais et d’assurer une prise en charge prioritaire des situations urgentes et non programmées.
Cette mobilisation exceptionnelle s’étend également aux établissements et services médico-sociaux, sollicités pour faciliter les admissions, les accueils temporaires ou les retours après hospitalisation, dans le strict respect de la sécurité des personnes accompagnées. Les dispositifs d’appui à la coordination sont, eux aussi, renforcés afin d’optimiser l’orientation des patients et de fluidifier les parcours de soins sur l’ensemble du territoire. « La contribution de chaque acteur est essentielle pour désengorger les capacités hospitalières, sécuriser les prises en charge et protéger les publics les plus vulnérables », rappelle l’ARS Bretagne. Mesure temporaire et évolutive, le déclenchement du plan ORSAN EPICLIM fera l’objet d’un suivi étroit et d’ajustements réguliers, au gré de l’évolution de la situation sanitaire et des capacités territoriales disponibles.


