Le 31 mars 2026, l’antenne OFAST (office antistupéfiant) de la capitale bretonne, la Division criminalité organisée et spécialisée d’Ille-et-Vilaine et le Groupe Interministériel de Recherches de Rennes ont mené une opération judiciaire d’envergure. Ils ont interpellé 9 personnes, dont 2 mineurs, sur Rennes et ses alentours et un individu en Guadeloupe. Conduite sous la direction du parquet de Rennes, l’enquête préliminaire porte sur des livraisons de produits stupéfiants commandés sur différentes plateformes numériques apparaissant sous le nom de QUALISHOP, ainsi que sur des faits de proxénétisme, traite des êtres humains et blanchiment.
« Les perquisitions réalisées dans plusieurs appartements sur la région de Rennes et sa périphérie ont abouti à la confiscation de la somme de 65 000 €. Elles ont permis de confisquer 25 kg de différents types de produits (résine de cannabis, herbe de cannabis, ecstasy, kétamine, cocaïne et résine de cannabis filtrée). Mais pas uniquement, des armes à feu de catégorie B, et plusieurs véhicules ainsi que des articles de luxe ont été saisis», indique Frédéric Teillet, procureur de la République.
Les investigations réalisées par les enquêteurs ont permis d’identifier un couple de jeunes gens d’une vingtaine d’année, vivant sur Rennes et originaires d’Afghanistan et de Roumanie. « Ceux-ci sont soupçonnés de diriger ce groupe criminel et de percevoir principalement les gains de ce trafic de stupéfiants et de ces faits de proxénétisme. Un second ménage, vivant également sur Rennes et originaire de Roumanie, est suspecté de les avoir secondés, par la gestion des différentes vitrines numériques proposant les produits illicites. »
Dans cette affaire, plusieurs livreurs effectuaient des livraisons de stupéfiants principalement dans le département d’Ille-et-Vilaine, mais encore dans le Morbihan, les Côtes d’Armor et la Manche. Sur les 10 personnes placées en garde à vue, âgées de 16 à 45 ans, 7 ont été déferrées devant le procureur de la République de Rennes ce vendredi 3 avril. Elles seront présentées devant un juge des enfants ou devant le tribunal correctionnel lors d’une audience qui se tiendra le 20 mai 2026.
Trois des plus impliquées ont déjà été condamnées pour des infractions liées aux stupéfiants ou pour des atteintes aux personnes. L’un d’entre eux, qui avait un rôle de livreur, a accepté de comparaître sur reconnaissance préalable de culpabilité. Il a été condamné à la peine de 18 mois d’emprisonnement dont une partie a été assortie d’un sursis probatoire, ainsi qu’à une peine de confiscation.
Au terme des déferrements, six personnes ont fait l’objet de décisions juridiques. Le couple suspecté d’être à l’origine du réseau a été placé en détention provisoire. Deux mineurs, impliqués dans la gestion de la vitrine numérique et la protection des prostituées, ont été placés sous contrôle judiciaire avec un placement en centre éducatif fermé (CEF). Deux majeurs ont également été placés sous contrôle judiciaire. L’un, présenté comme un livreur, a fait l’objet d’une décision conforme aux réquisitions du parquet. En revanche, la compagne de l’un des mineurs, soupçonnée d’avoir participé à l’approvisionnement des livreurs, a été laissée libre sous contrôle judiciaire, contrairement aux réquisitions qui demandaient son placement en détention provisoire.


