Dans le quartier de Villejean, à Rennes, le vendredi 9 mai 2025, trois individus ont été interpellés vers 17 heures au 14 rue du Bourbonnais. Ils étaient en possession d’armes et de stupéfiants. Si cette opération n’a pas semblé directement liée aux dernières fusillades, elle s’inscrit dans un climat tendu, marqué par les trafics de drogue et les affrontements entre bandes.
Quelques jours auparavant, le samedi 3 mai, vers 19 h 30, une nouvelle fusillade a éclaté rue du Nivernais (voir notre article). Un groupe d’hommes est descendu précipitamment d’un véhicule, armé au moins d’une kalachnikov, et ouvrait le feu sur plusieurs jeunes présents sur place. Deux adolescents étaient blessés aux jambes. Un troisième adolescent était également frappé.
Immédiatement, les tireurs prenaient la fuite à bord d’une voiture signalée volée. Une course-poursuite s’engageait avec un équipage de la BAC, sur plus de 18 kilomètres. Le conducteur n’hésitait pas à percuter des voitures sur la rocade nord, à emprunter le chemin de halage de Saint-Grégoire et même des passerelles piétonnes. Un second équipage de police parvenait finalement à immobiliser le véhicule à l’aide d’un dispositif stop stick. Les trois occupants tentaient alors de s’enfuir à pied, mais ils étaient rapidement interpellés.
L’enquête était confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Rennes. Les faits étaient requalifiés en tentatives de meurtre en bande organisée, association de malfaiteurs et violences aggravées. Les trois victimes, âgées de 16 et 17 ans, étaient conduites au CHU. Deux d’entre elles subissaient une intervention chirurgicale ; leur pronostic vital n’était pas engagé. Les ITT (incapacités totales de travail) allaient de 10 à 60 jours. Sur place, les enquêteurs relevaient de nombreux impacts sur trois véhicules et deux appartements. Une arme automatique était retrouvée sur l’itinéraire de fuite. Le parquet interrégional spécialisé (JIRS) se saisissait du dossier. Le 7 mai, les trois suspects, âgés de 19 à 21 ans et déjà connus de la justice, étaient mis en examen, puis placés en détention provisoire.
Mais les fusillades à Villejean ne datent pas de ce jour-là. Le 17 avril 2025, le quartier avait déjà été secoué par une série de fusillades successives, survenues square de Flandres, cours Kennedy et rue du Bourbonnais. Vers 17 h 15, une Peugeot 2008 percutait volontairement un jeune homme de nationalité italienne, avant de prendre en chasse plusieurs individus. Des témoins entendaient des coups de feu. Le véhicule revenait ensuite vers le blessé, que ses occupants photographiaient avant de poursuivre leur route.
Quelques instants plus tard, sur le cours Kennedy, trois hommes descendaient du véhicule, armés d’une arme longue et de deux pistolets. Ils se dirigeaient vers des jeunes attablés devant le restaurant Subway. Trois d’entre eux tentaient de se réfugier à l’intérieur, mais étaient atteints par les tirs. Âgées de 18 à 27 ans, les victimes, toutes françaises, étaient blessées aux jambes ; l’une d’elles était également touchée à l’abdomen sous les yeux de Charles Compagnon, leader de l’opposition. Elles sortaient de l’hôpital dans la nuit.
Les assaillants fuyaient ensuite à pied vers la rue du Bourbonnais, où de nouveaux tirs étaient signalés, sans faire d’autres victimes. Leur véhicule était retrouvé incendié à 19 h 5 en périphérie rennaise. À 19 h 25, un suspect de 20 ans, originaire de la région parisienne, était interpellé dans un parc par la gendarmerie. Il était placé en garde à vue pour tentatives de meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs.
Dans le cadre de l’enquête, un appartement identifié comme un possible lieu de repli était perquisitionné à Rennes. L’opération, menée par la DCOS avec l’appui de l’OFAST, du RAID et de la BAC de nuit, permettait d’interpeller trois autres hommes âgés de 21 à 23 ans, originaires de Tours et Marseille. Deux étaient de nationalité française, le troisième était congolais. Tous étaient placés en garde à vue pour les mêmes chefs d’accusation.


