Ce samedi 24 janvier, dans l’après-midi, environ cinq cents personnes ont défilé pour exprimer leur solidarité avec les Kurdes de Syrie et, plus largement, ceux du Rojava. Drapeaux kurdes, banderoles multicolores et slogans scandés en plusieurs langues ont rythmé la marche, parfois sous une pluie fine. La mobilisation pacifique a attiré l’attention des passants dans un secteur très fréquenté du centre-ville, notamment en ces périodes de soldes.
Dans le cortège, l’on retrouvait des militants kurdes venus de différents territoires du Kurdistan, mais aussi des soutiens français et internationaux. Plusieurs banderoles faisaient explicitement le lien entre la cause kurde et d’autres luttes, notamment celle du peuple palestinien. Cette convergence des combats était revendiquée comme un message de solidarité entre peuples confrontés à la guerre et à la répression.
Dans le nord et le nord-est de la Syrie, le Rojava est zone autonome kurde mise en place après la défaite de l’organisation État islamique avec l’appui de la coalition internationale. Elle a récemment subi un revers majeur. Ses combattants, regroupés au sein des Forces démocratiques syriennes, ont été contraints de se replier après la reprise de plusieurs territoires par les nouvelles autorités syriennes. Pour de nombreux manifestants, c’est l’existence même du Rojava qui est aujourd’hui menacée, comme en témoignaient de nombreux slogans : Rojava vivra, Rojava vaincra!.
Depuis 2012, la région Rojava a tenté de mettre en œuvre un modèle fondé sur le confédéralisme démocratique, l’autogestion locale, l’égalité entre les femmes et les hommes et la coexistence de différentes communautés ethniques et religieuses. Ce projet, unique dans une région marquée par les conflits et les régimes autoritaires, est souvent cité comme une alternative fragile mais porteuse d’espoir. Sa remise en cause suscite une vive inquiétude parmi ses soutiens.
En fin de parcours, les organisateurs ont appelé à maintenir la pression dans les semaines à venir, dans d’autres villes et dans la capitale bretonne. « Le Rojava n’est pas qu’un territoire, c’est une idée », résumait une militante. Une idée que les manifestants entendent continuer à défendre, dans la rue comme dans le débat public, malgré un contexte international de plus en plus incertain, lié ici où là à de nombreux conflits guerriers.



