Près de cinq mois après la séquestration de cinq membres d’une même famille à Ploudalmézeau (Finistère), l’enquête vient de connaître une importante avancée. Quatre hommes, âgés de 18 à 37 ans, ont été interpellés entre le 7 et le 8 septembre 2026 à Bandol, Paris et Sevran. Tous ont été mis en examen, annonce ce jeudi 10 septembre Frédéric Teillet, procureur de la République de Rennes.
L’affaire remonte au 20 avril dernier. Ce matin-là, cinq membres d’une même famille sont séquestrés dans un pavillon de Ploudalmézeau : les grands-parents, leur fille et deux de ses enfants. Seul manque à l’appel, le gendre, « actif dans le domaine des cryptomonnaies ». Un élément qui laisse rapidement entrevoir aux enquêteurs la piste d’une séquestration en lien avec son activité.
En pénétrant dans le pavillon, des voisins trouvent finalement les cinq membres de la famille ligotés et donnent aussitôt l’alerte. Compte tenu de la gravité des faits et de leur possible dimension de criminalité organisée, le parquet de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes se saisit de l’affaire dès le 20 avril. L’enquête de flagrance est alors confiée à la section de recherches de Rennes et à la brigade de recherches de Brest, avec l’appui de l’Unité nationale de police judiciaire de la gendarmerie.
Près de deux mois plus tard, le 17 juin, l’enquête entre dans une nouvelle phase. Une information judiciaire contre X est ouverte, notamment pour vol avec arme en bande organisée, enlèvement et séquestration des victimes. Selon le parquet, celles-ci auraient été retenues en otage afin « d’obtenir l’exécution d’un ordre ou d’une condition ». Les investigations concernent également une association de malfaiteurs en vue de préparer un crime en bande organisée et des faits de blanchiment en bande organisée. Un juge d’instruction de la JIRS de Rennes est alors désigné pour poursuivre les investigations.
Quarante militaires mobilisés
Après plusieurs mois d’investigations, les enquêteurs sont passés à l’action. Entre les 7 et 8 septembre, une vaste opération a mobilisé « 40 militaires de la section de recherches de Rennes, du groupement du Finistère et des unités d’intervention », précise Frédéric Teillet. Quatre suspects ont été arrêtés à trois endroits différents : Bandol, dans le Var, Paris et Sevran, en Seine-Saint-Denis. Il s’agit de quatre hommes de nationalité française, tous originaires de la région parisienne et âgés de 18 à 37 ans.
Selon le procureur de Rennes, « tous ont déjà été condamnés par la justice ». L’un d’entre eux se trouve par ailleurs « en état de récidive légale après une condamnation pour trafic de stupéfiants ». Présentés au juge d’instruction, les quatre hommes ont été mis en examen. Deux le sont pour l’ensemble des crimes visés par l’information judiciaire. Les deux autres ont été mis en examen pour participation à une association de malfaiteurs.
Les situations judiciaires diffèrent également. « Les deux premiers ont été placés en détention provisoire », indique le procureur. Les deux autres ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils ont notamment interdiction d’entrer en relation avec les victimes et les autres mis en examen, mais aussi de se rendre dans le Finistère. L’enquête est toutefois loin d’être terminée. « Les investigations se poursuivent sur commission rogatoire », précise Frédéric Teillet. Les enquêteurs vont notamment poursuivre leurs recherches afin de déterminer les responsabilités de chacun dans cette séquestration sur fond de cryptomonnaies.


