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Manifestations à Rennes Politique

SALLE DE LA CITE DEVASTEE : REMOUS POLITIQUES AUTOUR DE LA FACTURE DE LA VILLE

Par deux fois, en mai dernier, lors des manifestations contre la loi El Khomri, la salle de la Cité avait été occupée par les manifestants, la plupart jeunes. Une première fois, légalement du 4 au 11 mai dernier après un accord signé avec le syndicat Solidaires 35 (1). Puis une seconde fois illégalement du samedi 28 mai jusqu’au 29 mai au petit matin. A chaque fois, les occupants avaient été évacués manu-militari par les forces de l’ordre !

Au regard des dégradations, la ville de Rennes réclame une facture de 46 345 euros au syndicat Solidaires 35. Elle demande tout bonnement le remboursement des frais occasionnés à la suite de la destruction d’un vidéoprojecteur (1300 euros), du remplacement du matériel (14 500 euros), de la remise en état de la salle (18 880 euros), du coût de délocalisation de certains évènements (12000 euros)…Bref, elle demande aux syndicalistes de mettre la main au portefeuille.

Malgré la signature de la convention de mise à disposition de la salle (2), Solidaires 35 ne veut pas payer. « Ce n’est pas l’union syndicale Solidaires 35 qui a mis le feu aux poudres mais par contre, c’est bien le gouvernement Hollande qui a voulu passer en force contre l’avis très majoritaire de la population, expliquent dans un communiqué commun, Gérard Huré et Serge Bourgin. S’il y a quelqu’un à qui présenter la facture, c’est donc au gouvernement ami de Nathalie Appéré, au premier ministre et au ministre de l’intérieur qui pilotait presque directement la répression sur Rennes. »

                                     Au Gouvernement de payer !

A défaut de payer, Solidaires 35 dénonce l’argent dépensé par la ville pour recruter deux chargés de missions et l’indemnisation des commerçants à hauteur de plus de 300 000 euros. « Ces frais coûteront 10 fois plus que la remise en état de la salle de la cité, » note le syndicat avant d’ajouter : nous n’avons pas décidément les mêmes valeurs : à Nathalie Appéré la défense du capitalisme financier, à nous Solidaires 35 la défense de l’humanisme, des salariés et de la santé des dizaines de blessés, dont un éborgné, victimes de la stratégie préfectorale et des charges policières. »

Mais derrière imbroglio financier se profilent encore une fois des dissensions au sein de la majorité municipale. Par un communiqué du 5 septembre, les élus de Front de gauche, pourtant de la majorité municipale, affirment le soutien à Solidaires 35. « Ce syndicat a accepté de signer une convention d’occupation d’une semaine à la demande de la Mairie, sans pour autant qu’il y ait une quelconque caution demandée ou un quelconque état des lieux d’entrée et de sortie. Personne n’est donc en capacité de dire précisément quels sont les frais réellement liés à l’occupation de 13 jours (3)»

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« En se braquant contre les opposants à la loi travail, suivant aveuglement une ligne gouvernementale, ajoute le Parti de Gauche. Mme Appéré a créé toutes les conditions de la conflictualité (du conflit en français !). » Pour toutes ces raisons, le Parti de Gauche défilera au rassemblement de soutien le jeudi 8 septembre à midi place de la Mairie. Comme quoi, des étudiants en colère peuvent malmener le débat politique local…et faire le jeu de la droite ! « La salle de la Cité est devenue le symbole d’une dérive que nous dénonçons depuis plusieurs mois. Les premières victimes de ces dégâts sont les Rennais. Les 300 000 € prévus par la municipalité, pour les acteurs économiques du centre-ville, ne sont qu’une maigre compensation au regard des nombreux dommages causés », a commenté le leader de l’opposition, Bertrand Plouvier.

POUR EN SAVOIR PLUS :

(1) Lors d’un conseil municipal de Rennes, la mairie  avait demandé au Préfet l’évacuation de la salle de la cité, le lundi 2 mai. Mais dès le lendemain, elle revenait sur sa décision. « Je ne veux pas ajouter de la tension à la tension, » affirmait-elle. Elle signait alors une convention d’occupation avec Solidaires 35.

(2) Solidaires 35, par la voix de Gérard Huret, s’est porté caution des locataires. Le contrat d’occupation souhaité par Nathalie Appéré a donc été signé en respectant ces conditions. La CGT et FO n’avaient pas donné suite aux sollicitations de la maire. (sources Le Télégramme)

(3) Le Parti de gauche conteste la légitimité de la somme : « la porte principale a été brisée suite à l’intervention des forces de l’ordre demandée par la Préfecture et la Mairie. Ce sont donc eux qui doivent en payer les frais ! » Et d’ajouter : « Mme la Maire inclut les frais de nettoyage dans la facture envoyée à Solidaires 35 alors que les occupants ne demandaient qu’à nettoyer et tout remettre en ordre par eux-mêmes. Malheureusement ils n’ont pas eu l’occasion de le faire compte-tenu de leur évacuation surprise manu militari. »

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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