Nous l’annoncions en exclusivité le 15 janvier dernier sur Rennes Infos Autrement : plusieurs agressions visant de jeunes garçons ont été signalées ces derniers jours dans le quartier Sud-Gare, à Rennes, notamment aux abords de la place Thérèse-Pierre et du métro Jacques-Cartier. Les faits se produisent à chaque fois en début de soirée, autour de 19 h 30, selon des témoignages concordants.
D’après nos informations, au moins quatre agressions ont été recensées dans des conditions similaires. L’une d’elles concerne un jeune homme de 18 ans, agressé en sortant de la station Jacques-Cartier. Pris à partie par plusieurs individus, il aurait été dépouillé de ses effets personnels, dont son téléphone et son ordinateur portable, l’empêchant de contacter immédiatement les secours.
Depuis, les faits ont été portés à la connaissance de la Ville. La municipalité aurait sollicité la direction de la police municipale. « Les équipes porteront une attention renforcée à ce secteur dans les jours et les semaines à venir », indique une élue dans un courrier. Les autorités rappellent l’importance pour les victimes et leurs familles de déposer plainte, afin que ces faits soient pleinement pris en compte et fassent l’objet d’investigations. La police nationale a également prévu de renforcer ses patrouilles dans le secteur.
Face à la multiplication des signalements, le Lycée Saint-Martin (gérant également Sainte-Genevièvre) a choisi de s’adresser directement à ses élèves et à leurs familles. Dans un message diffusé par l’établissement par école directe, la direction évoque « des faits d’agressions et de vols impliquant des jeunes » autour du métro Jacques-Cartier, principalement en fin de journée et en début de soirée. «Nous vous invitons chacun à la vigilance, notamment lors des déplacements quotidiens», écrit l’établissement. « Nous vous recommandons de privilégier les déplacements en groupe, de rester attentif à son environnement et d’éviter l’utilisation ostentatoire du téléphone dans les transports et aux arrêts.»
En cas de doute, le lycée conseille de se diriger vers un lieu fréquenté ou un commerce et de l’alerter afin que l’information puisse être relayée aux services compétents. « Cette communication vise à vous sensibiliser et à renforcer votre vigilance dans un esprit de prévention. La communauté éducative reste mobilisée pour vous accompagner », précise encore la direction. Cette prise de parole n’a pas manqué de faire réagir certains parents, non pas contre l’institution mais contre l’atmosphère ambiante. L’un d’eux confie son amertume. « C’est quand même le monde à l’envers. On demande à nos enfants de faire attention en permanence. Ils devraient pouvoir circuler tranquillement, sans crainte. On a l’impression qu’ils doivent se comporter comme des touristes dans leur propre ville, à qui l’on répète de se méfier des pickpockets. »
Dans le quartier sud-gare, l’inquiétude est palpable. «On pensait habiter dans un secteur résidentiel calme. Depuis plusieurs jours, on craint pour la sécurité de nos enfants», témoigne Adrien*, habitant rue Corentin Carré, derrière la station Jacques-Cartier. Un voisin rue Jean-Baptiste Barré ajoute sans hésiter. « Ils ne rentrent plus sereinement le soir. Certains ont la peur au ventre. » Comme nous l’avons révélé dès le 15 janvier, ces agressions suivent un mode opératoire récurrent. Les racketteurs ciblent de jeunes garçons, souvent à la sortie du métro, puis les forcent à se rendre dans des rues adjacentes, moins passantes et moins éclairées. Certaines victimes ont été dépouillées de l’intégralité de leurs vêtements de marque. « On ne parle pas d’un simple vol. Des gamins sont rentrés chez eux sans téléphone, sans ordinateur, parfois presque nus », résume une mère de famille, encore sous le choc.
La police nationale confirme une hausse des plaintes enregistrées et rappelle qu’il n’existe pas de “petite” agression. Chaque appel au 17 et chaque dépôt de plainte sont essentiels pour identifier les auteurs, décrits par plusieurs témoins comme très jeunes, parfois âgés d’à peine 15 ou 16 ans, et agissant parfois sous la menace d’une arme blanche. * À la demande des témoins, les prénoms et identités ont été modifiés, par crainte de représailles.


