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mardi 26 mai 2026
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Quinze ans après sa fermeture : enfin une nouvelle vie pour Jacques Cartier

Fermée en 2010, la prison Jacques-Cartier a longtemps été un bâtiment fantôme. Rachetée par la ville de Rennes en 2021 pour 550 000 euros, elle est aujourd’hui au cœur d’un nouveau projet. Après un appel à manifestation d’intérêt lancé en décembre 2024 par Rennes métropole, les Circaciers s’y installeront pour cinq ans, renouvelables trois ans. Mais ils n’occuperont qu’une partie des lieux, les édifices classés restant inaccessibles à ce stade.

Pour Rennes Métropole, cette occupation ne serait qu’une première étape. Rozenn Andro, vice-présidente chargée de la culture, exprime « une nouvelle page enthousiasmante » dans la vie de l’ancien centre de rétention. Elle souhaiterait en faire un site culturel et citoyen, ouvert aux habitants, aux créateurs, aux initiatives locales.

Dans les années qui ont suivi la fermeture de la prison, plusieurs pistes avaient été évoquées pour l’avenir de Jacques Cartier. Parmi elles, celle de transformer Jacques-Cartier en musée de la justice ou de la mémoire carcérale. Ce projet avait été soutenu par certains acteurs associatifs et juridiques comme Champs de justice, désireux de ne pas effacer totalement la vocation première du lieu ni la souffrance qui s’y est jouée. 

Aujourd’hui, cette idée n’est pas écartée. Elle pourrait s’inscrire dans une requalification à plus long terme, une fois que la question du patrimoine classé aura été tranchée, et que l’expérimentation portée par Les Circaciers aura produit ses premiers effets. Là où travaillaient autrefois les détenus, ce seront désormais des créateurs, des artistes, des formateurs et des acteurs associatifs qui s’installeront.

Le collectif Les Circaciers, déjà implanté à Nantes et Redon, investira 1 000 m² d’ateliers désaffectés. Son ambition sera de faire renaître l’artisanat de proximité, ouvrir l’espace aux habitants, et redonner du sens à un lieu longtemps synonyme d’isolement. « L’artisanat revient ici non pas par la porte de l’enfermement, mais par celle de l’émancipation », affirment Pauline Semo et Franck Cardinal, cofondateurs du collectif dans les colonnes du Télégramme.

Les deux souhaitent y accueillir jeunes adultes peu ou pas diplômés, proposer des formations pratiques, mais aussi organiser des événements ouverts au public. Dans les anciennes cours de promenade, bientôt végétalisées, une offre de restauration viendra compléter l’ensemble. À l’heure où les centres-villes se vident d’une partie de leur artisanat, Les Circaciers espèrent redonner à ces métiers une visibilité, une place, une fonction sociale. Ils désirent un endroit où l’on fabrique, où l’on apprend, où l’on discute, où l’on imagine ensemble. L’expérience sera-t-elle concluante ?

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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