RENNES, 6 février 2026 (PressPepper). La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a autorisé ce vendredi 6 février 2026 la prolongation « exceptionnelle » de la détention « provisoire » d’un agent immobilier de Rennes (Ille-et-Vilaine) qui doit être jugé en mars 2026 pour le « viol » sur son fils de 3 ans.
Romain XXX avait en fait été « identifié » sur une vidéo, le mettant en scène en train de « filmer son fils » dans son lit en 2021. Il lui avait infligé « des caresses à connotation sexuelle » et lui avait « introduit un doigt dans l’anus » sous les « encouragements » d’un interlocuteur qui lui demandait d’y aller « plus profondément »… Mais si cet homme de 40 ans a reconnu en cours de procédure avoir commis une « agression sexuelle » – c’est-à-dire un simple délit – il conteste en revanche la qualification criminelle de « viol » suite à cette « pénétration digitale ».
Sur la vidéo interceptée par des enquêteurs dans le cadre d’une « procédure voisine », on pouvait entendre son interlocuteur « s’inquiéter de voir que le numéro de téléphone de Romain XXX apparaissait », a-t-il été rapporté lors de l’audience de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes ce jeudi 5 février 2026. L’enquête avait aussi permis de découvrir une « quantité très conséquente de matériel pédopornographique » à son domicile, pour laquelle cet ancien syndic de copro a « déjà » été condamné. L’homme qui était « en lien avec des personnes ayant les mêmes tendances problématiques » présentait « un intérêt marqué pour les jeunes filles » et consultait « des photos sauvages de jeunes adolescentes »… Une connaissance virtuelle avait « tendance à lui promettre » de tels fichiers et avait « menacé de le dénoncer » s’il ne lui donnait pas d’argent.
IL AURAIT RECIDIVE APRES SA REMISE EN LIBERTE
C’est justement ces « menaces » qui auraient donc poussé Romain XXX à « simuler une pénétration digitale » sur son fils car il faisait « l’objet de chantage » de la part de cet homme « incarcéré pour des faits similaires ». L’agent immobilier réfute donc tout « viol » sur son fils et assuré n’avoir « aucun intérêt ni attirance sexuelle » pour le garçonnet. Seulement voilà : alors qu’il avait été écroué le 23 juillet 2021, cette même chambre de l’instruction – mais avec des juges différents – l’avait remis en liberté le 24 juin 2022, soit moins d’un an plus tard. Or une nouvelle enquête ouverte en 2025 a permis de découvrir qu’il avait fait « une nouvelle victime mineure de 12 ans » en Suisse. Tandis qu’il a « à nouveau consommé des contenus », a-t-il été précisé à l’audience. Il a d’ailleurs été « incarcéré dans cette autre affaire » et son contrôle judiciaire a été « révoqué » le 21 août 2025 dans celle qui est en cours.
Reste que le procès de ce quadragénaire – défendu par Me Thierry Fillion – n’a pu être programmé avant la date-limite du 21 février 2026 imposée par la loi. Le parquet général de la cour d’appel de Rennes a donc saisi la chambre de l’instruction d’une demande de « prolongation exceptionnelle » de sa détention provisoire pour qu’il comparaisse détenu. Après être revenu sur les « circonstances insurmontables » auxquelles est confrontée la justice française et qui l’empêche d’audiencer les procès criminels dans les délais impartis, l’avocat général a insisté sur le risque existant « plus que dans d’autres » dossiers de « renouvellement de l’infraction ».
Les experts qui ont rencontré Romain XXX ont en effet tous relevé ses « tendances perverses qui s’expriment de manière très problématique » chez ce quadragénaire et sa « dangerosité avérée ». Et l’avocate de la mère de l’enfant, Me Caroline Le Guillard, avait elle-même insisté sur le « risque de fuite réel » de Romain XXX : il semble « mobile géographiquement » eu égard aux « nouveaux faits commis » à l’étranger. Après avoir fait remarquer qu’il n’avait « jamais fui » dans cette affaire, Romain XXX – qui comparaissait sans avocat en visio-conférence depuis la maison d’arrêt de La Santé à Paris (14e) – a fait savoir qu’il acceptait cette prolongation exceptionnelle de sa détention provisoire.
Ce vendredi 6 février 2026, la chambre de l’instruction s’est donc rangée à l’avis général. Pour rappel, en janvier 2026, Médiapart révélait que dans une autre affaire similaire, le parquet général de Rennes n’avait pas demandé la prolongation exceptionnelle de la détention provisoire d’un homme condamné en décembre 2024 pour des viols sur son fils. Alors que son procès en appel était prévu le 21 janvier 2026, il avait donc été libéré… avant de retourner en prison après avoir écopé de la peine maximale./CB et GF (PressPepper)


