À l’approche des municipales de 2026, Charles Compagnon veut mettre fin à ce qu’il décrit comme une mairie éloignée du quotidien. Candidat à la tête du rassemblement Vivre Rennes ! avec Carole Gandon, il propose une alternance fondée sur une idée centrale : Rennes doit à nouveau donner à celles et ceux qui y vivent. Son projet politique s’appuie sur une série de mesures concrètes et directement issues de ses retours d’expérience dans bien des domaines d’activités. « Une ville se gouverne avec ceux qui y vivent,» indique Charles Compagnon.
quatre commissariats de proximité
Pas de surprise, la sécurité constitue l’axe le plus important de son programme. Charles Compagnon propose de doubler les effectifs de la police municipale, de les rendre présents vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans tous les quartiers, et de renforcer leur formation ainsi que leur armement. Quatre commissariats de proximité seraient créés à Maurepas, Villejean, Cleunay et au Blosne, afin de recréer un lien direct entre forces de sécurité et habitants. La vidéoprotection serait largement développée, avec un triplement du nombre de caméras et des opérateurs dédiés. Il souhaite également créer une police métropolitaine des transports pour sécuriser métros, bus et trambus, tout en renforçant l’éclairage public, notamment grâce à des dispositifs intelligents à détection de mouvement. « La sécurité, c’est la première des libertés », assure-t-il.
La tranquillité résidentielle est pensée comme un prolongement de cette politique. Le projet prévoit la création d’une brigade de prévention et de médiation déployée dans les logements sociaux, en lien avec les bailleurs. Cette mesure permettra de lutter contre les trafics et les nuisances dans les halls et parkings. Des agents de quartier identifiés seraient sinon présents de manière régulière, tandis que des arrêtés anti-tags instaureraient des règles strictes, avec interdiction de circuler la nuit avec du matériel de graffiti, nettoyage immédiat des dégradations et sanctions systématiques.
Sur les familles et la jeunesse, Charles Compagnon fait dans le social tout comme sa principale rivale, Nathalie Appéré. Il souhaite augmenter de 30 % les capacités d’accueil de la petite enfance sur le mandat, en diversifiant les modes de garde et en développant des crèches aux horaires élargis, le soir et le week-end, pour les familles aux contraintes professionnelles atypiques. Pour les jeunes, il propose la création d’un Conseil municipal de la jeunesse doté d’un véritable pouvoir de proposition, le déploiement de tiers-lieux dans les quartiers et l’extension de la carte Sortir aux étudiants boursiers des premiers échelons. Il veut également rouvrir le débat sur les rythmes scolaires, via une concertation municipale suivie d’un référendum local.
instaurer un moratoire sur les tours dans les quartiers pavillonnaires
La solidarité et la santé occupent aussi une place importante dans le projet. Charles Compagnon souhaite ouvrir des maisons de santé et de solidarité dans les quartiers prioritaires, rénover et agrandir la Maison des associations et maintenir un budget associatif global stable. Les subventions seraient attribuées en fonction de l’utilité locale des projets et du respect des valeurs républicaines. Il défend également le programme « Rennes bouge pour sa santé », axé sur l’activité physique adaptée, la prévention des addictions et une alimentation plus durable.
Sur l’écologie et le logement, le candidat propose un moratoire sur l’abattage des arbres et la création d’îlots de fraîcheur dans chaque quartier, accompagnés d’une végétalisation massive des cours d’école, trottoirs et parkings. En matière de logement, il souhaite réviser les règles d’urbanisme, instaurer un moratoire sur les tours dans les quartiers pavillonnaires et développer massivement le bail réel solidaire pour faire baisser durablement le coût du foncier. Le projet prévoit aussi de réserver un logement sur trois aux actifs travaillant à Rennes, de lancer un plan logement étudiant avec le CROUS et de donner un droit d’initiative citoyenne à des comités locaux d’urbanisme. « Je veux permettre à chacun de construire un parcours résidentiel à Rennes. Louer, acheter, évoluer… sans être obligé de quitter Rennes. »
Les mobilités constituent un autre pilier du programme. Charles Compagnon propose d’étudier le prolongement du métro au-delà de la rocade, de déployer des lignes de trambus vers la couronne rennaise avec des parkings relais, de relancer le RER métropolitain et d’étendre les horaires des transports en commun jusqu’à trois heures du matin le week-end. Le projet inclut également un plan vélo sécurisé, une meilleure accessibilité pour les personnes âgées et en situation de handicap, un réseau de bus circulaire pour la première couronne et l’expérimentation de navettes fluviales sur la Vilaine. La gratuité des transports est envisagée lors des grands temps forts commerciaux et culturels.
Enfin, la relance économique, sportive et culturelle est pensée comme un levier important. Charles Compagnon propose la création d’un fonds d’innovation et de transition économique, un objectif de 10 000 emplois en six ans via des relocalisations ciblées, et une maison citoyenne de l’intelligence artificielle. Il défend un plan « quartiers vivants » pour les commerces, un pass de stationnement pour les professionnels, ainsi que de grands projets structurants comme un nouveau stade financé par le propriétaire du Stade Rennais, la construction d’un Zénith métropolitain et le soutien renforcé à la création culturelle locale. À travers ce projet, Charles Compagnon veut incarner une alternance de méthode, fondée sur la proximité, la responsabilité et le rassemblement. Il est sans doute bien plus ambitieux dans ses propositions que sa rivale. Restera à savoir si financièrement, tout sera possible.


