Une semaine après avoir encaissé une manita à Paris, le Stade rennais n’avait pas le choix. Il fallait remettre less pendules à l’heure. Il fallait un signe de vie, de caractère. Ce samedi 14 décembre, ce derby breton est arrivé à point nommé pour redonner de l’allant à la bande de Beye. Mais encore fallait-il y entrer dans cette rencontre ? Pendant un quart d’heure, Rennes a fait tout l’inverse. Les Brestois imposaient leur pressing et installaient le doute dans un Roazhon Park silencieux. Brice Samba repoussait tant bien que mal l’échéance, mais Mama Baldé a fini à la 13e minute, par sanctionner une entame rennaise totalement à côté de la plaque.
Dans cette première mi-temps, les Rouge et Noir paraissaient bien empruntés. Fébriles techniquement, ils étaient souvent en retard dans les duels. Devant eux, Brest jouait juste, vite et sans complexe. La formation finistérienne donnait l’impression d’une équipe sûre d’elle, presque trop. Mais à rebours du jeu, le match basculait sur deux actions. Pour le messie jordanien, Mousa Al-Tamari, ce samedi-là, ce n’était pas Brest en face. C’était l’arrière brestois, Kenny Lala.
En deux minutes, le latéral brestois a vu rouge. Pressé, il perdait d’abord un ballon dans sa surface, intercepté par Al-Tamari, qui servait Estéban Lepaul pour l’égalisation (24e minute). À peine le temps de digérer, le défenseur brestois s’emmêlait encore une fois les pinceaux dans une passe en retrait mal dosée. Sans se faire prier, Al-Tamari interceptait le cuir et s’en allait marquer dans un face-à-face avec le gardien, brestois conclu sans trembler. « On a eu une entame très compliquée, mais on n’a jamais décroché, expliquait Esteban Lepaul après le match. Ces deux minutes changent tout, mentalement. »
Ce renversement express a redonné de l’air aux Rennais, sans pour autant les transformer en rouleau compresseur. La seconde période a longtemps ressemblé à un combat tendu, parfois confus. Brest revenait dans la partie, sans se créer d’occasions nettes. En face, Rennes gérait tant bien que mal, en serrant les lignes et en s’appuyant sur un Al-Tamari omniprésent, parfois à la limite. Il a fallu attendre la fin de match pour voir Rennes se libérer vraiment. Sur une action collective enfin aboutie, le ballon a circulé vite, en une touche, avant que Quentin Merlin ne centre pour Kader Meïté. Le jeune attaquant, à peine rentré sur la pelouse, a repris sans trembler pour plier définitivement le match. Rennes est désormais cinquième au classement. Prochaine rencontre : les Sables d’Olonne en coupe de France.
Rennes (3-5-2) :
Samba – Aït-Boudlal, Rouault, Brassier – Frankowski (Merlin, 50e), Camara, Rongier, Cissé (Blas, 58e), Al-Tamari (Seidu, 79e) – Embolo (Fofana, 79e), Lepaul (Meïté, 78e). Entraîneur : Habib Beye.
Brest (4-2-3-1) :
Coudert – Lala, Chardonnet, Coulibaly, Guindo (Locko, 88e) – Chotard, Magnetti (Tousart, 81e) – Del Castillo (Makalou, 87e), Doumbia (Dina Ebimbe, 81e), Mboup – Baldé (Labeau-Lascary, 70e). Entraîneur : Éric Roy.
Notes des joueurs rennais : Samba 7, Aït-Boudlal 7, Rouault 5, Brassier 6, Frankowski 5, Merlin 6,5, Camara 7, Rongier 6,5, Cissé 5,5, Al-Tamari 8, Embolo 5, Lepaul 7, Meïté 6,5



