Les Rennais sont nombreux à se baigner chaque été aux étangs d’Apigné. Pour beaucoup, ils ignorent sans doute que ce plan d’eau figure parmi les plus contaminés de France aux PFAS, les célèbres « polluants éternels ». C’est ce que révèle une vaste étude publiée par Surfrider Foundation Europe, après une campagne de 107 prélèvements réalisés en 2025 sur des sites de baignade répartis dans toute la France.
Les résultats placent Apigné parmi les sites les plus touchés (et souvent interdits de baignade). Dix-sept PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) différents y ont été identifiés. Le PFOS (acide perfluorooctane sulfonique), une molécule pourtant interdite depuis plusieurs années en raison de sa toxicité, y atteint une concentration de 5,9 nanogrammes par litre, soit près de neuf fois la valeur de référence retenue par la directive-cadre européenne sur l’eau. Selon l’étude, le plan d’eau rennais figure ainsi au cinquième rang des sites les plus contaminés du pays pour cette substance.
À Vern-sur-Seiche, le plan d’eau des Paturiaux est également concerné, avec treize PFAS détectés et un taux de PFOS de 2,9 ng/l. Plus largement, le PFOS reste présent selon l’association sur une majorité des sites analysés malgré son interdiction, tandis que le TFA, autre membre de cette famille chimique, a été retrouvé dans l’ensemble des prélèvements. Devant cette situation, Surfrider appelle à mettre en place un suivi harmonisé des PFAS dans les zones de loisirs aquatiques, ainsi qu’une restriction plus large de ces substances à l’échelle européenne.
À Rennes, cette pollution n’est pas totalement une surprise. Le secteur d’Apigné correspond à d’anciennes carrières de sable qui ont été remblayées durant plusieurs années avec des déchets ménagers et industriels. Des investigations sont toujours en cours afin de mesurer précisément l’origine et l’étendue de cette contamination. Pour Surfrider Foundation Europe, cette étude constitue surtout un signal d’alarme : les « polluants éternels », capables de persister pendant des décennies dans l’environnement, contaminent désormais une grande partie des eaux de baignade françaises. Pour l’association, le principe du pollueur-payeur et une réglementation européenne plus ambitieuse doivent enfin devenir des priorités.


