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NOS RUSSES RENNAIS ONT UNE ASSOCIATION !

Ecrit par Dragan Brkic
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Les Russes sont souvent considérés par les gens comme un peuple froid et énigmatique. À ne pas les voir et les entendre à Rennes, on pourrait en déduire qu’ils ne sont pas présents dans la capitale bretonne. Pourtant, nous vous le confirmons, ils sont bien là, et même environ 500 personnes des pays de l’ex-URSS. L’association Matriochka (poupée russe) se charge d’enseigner la langue de Tchekhov aux Rennais et de promouvoir la culture russe à travers des événements et des animations. Rencontre avec Dina une des personnes qui a été à l’origine de cette association.

Que pensez-vous de la perception des Français vis-à-vis des Russes ? Il y a beaucoup de représentations sur notre pays. Les hommes sont souvent représentés par des attributs liés à la force et à l’alcool, et les femmes à la beauté et aux sites internet. Mais je ne crois pas que l’ensemble de la population partage ces sentiments. En général, ces gens ont des idées reçues car ils ne savent pas où est la Russie et ce qu’est réellement ce pays. Les gens bien informés voient les Russes comme des gens chaleureux, cultivés et enjoués.

Les Français percevaient au 20ème siècle les Russes par rapport à l’âme slave. Qu’est-ce qui a changé ? Il y avait en effet énormément de liens entre nos deux cultures. Beaucoup d’écrivains français ont parlé de l’âme slave. Et il faut dire que nous avions une culture très forte avec nos écrivains du 19ème, nos compositeurs et nos metteurs en scène, pour ne citer que ces arts… Nous n’en sommes plus là désormais et j’en suis la première désolée de ce manque d’échanges.

Qu’avez-vous de spécifique dans votre culture actuelle ? Avant les années 90, nous étions très attachés à la culture traditionnelle. Avec la chute du communisme, il y a eu une période où les gens se sont tournés vers autre chose. Mais la culture traditionnelle est revenue en pointe. Disons qu’il n’y a pas grand-chose qui a bougé pour la musique, nous ne nous renouvelons pas. En revanche, le théâtre est toujours très actif…

Que proposez-vous lors de vos événements ? Le samedi 20 janvier, nous avons eu une démonstration de balalaïka par un groupe de musique. Nous avons eu également une formation de guitares et de voix féminines (la Tchaïka),  des récitations de poèmes de Pouchkine et un quizz sur la Russie.

Le folklore russe, c’est quoi ? Les danses traditionnelles dont nous parlons, ce sont celles de la région de Moscou, mais la Russie est un très grand pays, il y a beaucoup de peuples en son sein et autant de cultures régionales.

Y a-t-il beaucoup d’événements autour de la Russie dans la capitale bretonne ? Oui, dernièrement il y a eu le mois de la Russie à Cesson. Le 17 et 18 mars, nous organisons un mini-festival de films contemporains russes au cinéma d’Acigné, en coopération avec le festival du cinéma russe de Nantes. Fin mai, début juin, il y aura la semaine russe à Montgermont en partenariat avec 5 autres communes. Et puis de nombreuses médiathèques nous demandent de faire des animations. On sent vraiment que quelque chose se passe…

Vous enseignez le Russe, quels sont les horaires des cours ? Le dimanche matin,  nous avons plusieurs niveaux regroupés par classe d’âge : de 18 mois à 12 ans. Les cours sont ouverts rue de Papu à tout le monde, cependant nous demandons une compréhension de l’oral à partir de 4 ans. Pour les adultes, il y a des cours pour débutants et pour faux débutants, le lundi et le jeudi soir.

Combien touchez-vous de monde avec votre association ? Il y a 70 familles russophones et au moins deux cents personnes dans ma liste de contact, avec des Français bien sûr passionnés par notre culture.

Quel est le profil de cette communauté ? Il y a des chercheurs, des ingénieurs, des artistes, des peintres. Et des personnes qui se sont mariées. Nous nous retrouvons une fois par an consulat à Paris avec les différentes associations en France, et je suis étonnée par la présence de Français de la deuxième et troisième génération d’origine russe qui s’intéressent vivement à leurs racines !

Est-ce facile de s’intégrer ? Ceux qui venaient de l’ex-URSS s’intégraient facilement parce qu’ils savaient qu’ils ne retourneraient pas là-bas. Maintenant, on peut y aller quand on veut. On est un peu entre deux pays. C’est pourquoi cela fait du bien de se retrouver ensemble autour d’un thé et d’un morceau de balalaïka.

Quelques rennais russophones ! On connaît très bien André Markowicz venu il y a une trentaine d’années de Paris pour traduire l’œuvre de Dostoïevsky pour les éditons Acte Sud. On connaît aussi le père Jean Roberti qui dirige l’église orthodoxe rennaise, rue de la Crèche, et qui a été professeur de russe au pôle langue de l’UHB.

https://www.matriochka-en-bigouden.fr/

A propos de l'auteur

Dragan Brkic

Écrivain, j'ai publié Le Petit Noir des Balkans, Prière d'insérer, La condition pénitentiaire, Footness et Comprendre la délinquance française.

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