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MORT DE DORIAN GUÉMENÉ : A-T-ON APPRIS LA VÉRITÉ ?

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Boulevard de la Tour d’Auvergne, à Rennes, Dorian Guémené, est mort en juillet 2018, sous les coups de Sacha Réthoré, Thomas Goldschid, Olivier Pesneau et Guillaume Clavreul. Ses bourreaux ont été moins sévèrement condamnés devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine que celles des Côtes-d’Armor (voir notre article). « Je ne sais pas si on peut dire que le verdict demeure clément au regard de la réalité des faits », explique Jérôme Stéphan, avocat de Sacha Réthoré, le principal accusé. 

Il y avait beaucoup moins de tensions entre tous les protagonistes. L’affaire pouvait être jugée de manière plus sereine. » 

« C’est une satisfaction », ajoute l’homme de loi. « L’audience était différente. Elle a permis d’aller plus loin. L’échelle de peines reste raisonnable et s’approche de la vérité. » À la différence du premier procès, son client a admis à avoir commis seul les violences sur le boulevard. «Il a pris sa part de responsabilité, mais il ne voulait pas qu’on lui en demande plus. Aujourd’hui, il accepte son châtiment. Il le trouve juste. Il aurait estimé en revanche injuste un écart de peines trop important entre le reste des inculpés et lui-même. Après plus de quatre ans de procédures, nous avons « une vérité » qui ressemble à mon avis au déroulement des faits. » 

Les accusés étaient dans la même prison ! »

Lors de sa plaidoirie, l’avocat avait pointé du doigt le comportement de Dorian et de son ami Kévin (lui-même agressé au cours de cette funeste soirée). « Tous deux avaient été exclus du Delicatessen, de l’Espace (deux boites de nuit). Ils n’avaient pas le droit d’entrer dans les deux établissements du groupe dans lequel ils travaillaient tous deux. » Mais face au verdict, la famille de Dorian est elle en colère. « C’est lourd », explique la maman, Carine Servain. « Il y a toujours des mensonges et des vérités qui ont été dites pour éviter d’en dire d’autres ! On a le sentiment d’une mise en scène du côté des Réthoré et de leurs témoins. Tout a été bien préparé par les avocats et leurs amis. Pendant un an, les Réthoré et Thomas Golschild étaient enfermés dans la même prison, dans la même cellule. Ils avaient appris une leçon et la récitaient devant les juges. »

Là, aujourd’hui, je me sens vide, j’ai l’impression de ne plus être là. Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas craquer. »

Devant la cour de Saint-Brieuc, le père et la mère auraient aimé des « peines semblables » au premier procès. « Au regard des condamnations, la vie d’une personne ne vaut rien du tout », estime Carine Servain. « Ce n’est pas comme cela que la violence cessera du jour au lendemain. On veut une justice appliquant des peines justes. Dorian a été lynché, massacré. Il est mort, mais cela ne mérite pas plus que cinq ans de prison. » Au nom de son fils, elle veut désormais se battre contre les agressions dans la rue. Elle souhaite plus de caméras, de policiers, de formations des forces de l’ordre ainsi que des tournées plus régulières dans les boîtes de nuit. Elle multiplie les réunions avec la Marie de Rennes. « Dans l’impasse où Dorian a commencé à être  frappé, s’il y avait eu une vidéosurveillance, il n’y aurait pas eu de quiproquos  ! Il n’y aurait pas eu de condamnations laxistes ! Les jeunes doivent pouvoir s’amuser et non, se retrouver à la morgue. »

 

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jean-christophe collet

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