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mercredi 8 juillet 2026
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Meurtre des étangs d’Apigné : 25 et 30 ans de réclusion criminelle pour Ahmet et Mehmet Taskin

La Cour d’assises d’Ille-et-Vilaine a condamné respectivement ce mardi 7 juillet, les frères Mehmet et Ahmet Taskin à trente et vingt-cinq ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Muhyettin Aydin. Âgée de 29 ans, la victime avait été retrouvée le 10 septembre 2021 dans un étang d’Apigné, près de Rennes, le corps lesté d’un parpaing et lacéré de 111 coups de couteau.

Pour les jurés, la culpabilité de Mehmet Taskin n’a guère fait de doute. Jugé en son absence, après avoir quitté la France quelques jours après les faits, l’aîné des deux frères est soupçonné d’avoir agi par jalousie. Son épouse  échangeait régulièrement des messages avec Muhyettin Aydin. En revanche, tout l’enjeu du procès portait sur la participation d’Ahmet Taskin à ce crime, qualifié de « sauvage » par un témoin.

À la barre, le cadet est resté fidèle à sa ligne de défense. « Je n’ai pas vu, je ne savais pas, je ne me souviens pas », a-t-il répété tout au long des débats. Face aux déclarations de l’ex-femme de Mehmet, il s’est même contenté de répondre. « Elle ment», a-t-il précisé, justifiant au passage, sa fuite en Allemagne. « C’était pour fuir les représailles, pas les autorités. »  

À chaque accusation, Ahmet Taskin oppose une explication ! Même quand il s’agit d’expliquer une blessure à la main le jour du meurtre, le prévenu est formel. « J’ai glissé en ouvrant une broche à kebab surgelée. Le couteau a planté ma main. » Quelques instants plus tôt, l’avocat général Vincent Varlet avait développé une tout autre lecture. « Il se serait entaillé en maintenant la victime pendant que son frère lui portait les coups de couteau. »

Dans cette affaire, des incohérences restent, nombreuses. Ahmet Taskin s’est ainsi montré incapable de dire où il se trouvait le 3 septembre 2021, jour du meurtre. En revanche, il affirme savoir pourquoi son frère a quitté précipitamment la France trois jours plus tard. « Il est parti pour soigner un cancer », a-t-il assuré. Pour autant, alors qu’ils vivaient sous le même toit, il n’a pas été en mesure de préciser de quel cancer souffrirait Mehmet Taskin.

Dans sa plaidoirie, Me Jérôme Stéphan a dénoncé un dossier insuffisant pour emporter la conviction. «L’erreur judiciaire est possible. Ahmet ne connaît pas Muhyettin. Rien n’atteste qu’ils se sont déjà rencontrés. » À titre subsidiaire, l’avocat a développé une autre hypothèse. « À supposer qu’une complicité soit retenue contre mon client, elle devrait être replacée dans un contexte de dépendance psychique et matérielle. Entrer dans la famille Taskin, c’est prêter allégeance, se soumettre à une autorité morale à laquelle on ne peut pas résister. Ahmet ne pouvait pas refuser. » 

Les jurés n’ont finalement pas suivi cette analyse. Ils ont condamné Ahmet Taskin à vingt-cinq ans de réclusion criminelle. Son frère Mehmet, toujours en fuite et jugé en son absence, a écopé de trente ans de réclusion criminelle.

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