Une cinquantaine de salariés, soit un tiers de l’effectif, se sont rassemblés ce samedi 14 février, à partir de 9 h 30, devant le Centre Alma, à Rennes. Devant l’entrée de l’hypermarché Carrefour, sous les drapeaux FO et CGT, ils ont exprimé leur ras-le-bol. Leur manifestation s’est déroulée dans le calme, sous le regard de clients souvent attentifs et compréhensifs. En fin de matinée, les salariés ont repris leur poste.
Durant le rassemblement, Fabrice Lerestif, secrétaire départemental de FO, a apporté son soutien aux équipes aux côtés de Benjamin Gouezigoux, délégué CGT. Il évoque une « atmosphère devenue délétère» depuis le placement en redressement judiciaire en novembre dernier de l’enseigne. «Les salariés vivent depuis plusieurs années dans l’incertitude,», ajoute le syndicaliste.
Mais cette inquiétude est aujourd’hui renforcée par le changement annoncé à la tête du magasin, dès le 1er mars prochain. «Personne ne leur donne le nom du repreneur», rappelle-t-il. «Les employés sont dans le stress, dans les pressions importantes et ne savent pas encore à quelle sauce ils vont être mangés. Les salariés veulent travailler, mais ils veulent savoir dans quelles conditions », explique-t-il. Le mois prochain, FO espère une reprise apaisée. Mais en cas de licenciements ou de méthodes de gestion jugées brutales, les syndicats n’excluent pas d’élargir la mobilisation dans les prochains jours.
Le nom de David Aguiar circule désormais avec insistance dans les rayons. Présenté comme un cadre issu du groupe Carrefour, il est associé au développement de l’enseigne Supeco. Cette dernière se positionne comme un modèle hybride, entre supermarché traditionnel et hard discount. Elle souhaite proposer des produits de qualité à prix bas toute l’année, avec une offre resserrée autour de marques nationales et de produits Carrefour, et des formats adaptés aux familles.
Reste une interrogation majeure pour les salariés de Carrefour Alma : si cette orientation se confirme, quelles seront les conséquences concrètes pour l’emploi et l’organisation du travail ? Passage à un modèle plus discount, réduction d’effectifs, modification des postes ? À ce stade, aucune réponse officielle n’a été apportée. À quelques jours du 1er mars, les salariés disent vouloir continuer à faire vivre leur magasin, une institution commerciale rennaise depuis des décennies.


