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lundi 26 octobre 2026
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Mamamok : trois jeunes talents pour procurer la bouchée parfaite

Ils sont trois. Trois jeunes souriants, passionnés et amoureux de la bonne chère. Dans les temps anciens, on aurait dit : « Voici la relève ! » Aujourd’hui, on dira tout simplement qu’ils forment une sacrée belle équipe. Au 36, rue Saint-Georges, à Rennes, Moké Kolodo, Manon Le Bellegard et Matthéo Samson ont ouvert Mamamok, une adresse qui pourrait bien devenir l’une des belles surprises gastronomiques du centre-ville. Dans ce lieu presque mythique, où les plus anciens se souviennent encore du Carmes et où d’autres ont connu le Café des Bains, le trio entend écrire sa propre histoire. Avec de l’audace, du goût et beaucoup d’huile de coude.

Dès l’entrée, le ton est donné. Ici, pas de décoration passe-partout, de tables serrées comme des sardines ni de ces ambiances impersonnelles et sonores que l’on retrouve parfois. Les trois associés ont imaginé leur univers avec l’aide de l’architecte d’intérieur Olivia, en privilégiant les couleurs profondes, les pierres apparentes, les miroirs et les luminaires design. « C’était hyper carré dans nos trois têtes!», explique Manon. « On l’a juste mis en forme un peu plus concrètement, via une architecte d’intérieur. »

les luminaires évoquent parfois des gouttes, petit clin d’œil au concept culinaire de la maison. »

Le résultat est plutôt réussi. Les banquettes ont été retapissées, les éclairages repensés et les murs habillés de teintes chaleureuses. Le midi, la lumière accompagnera les conversations. Le soir, elle se feraplus discrète, presque intimiste. « Elle doit être dans l’assiette et non tout autour », résume Mathéo. Mais la véritable bonne idée est ailleurs : les trois associés ont volontairement sacrifié des couverts pour privilégier le confort. « Avant, il y avait 60 places assises en ces lieux. Nous sommes descendus à 48 pour espacer les tables, pour que les gens soient vraiment à l’aise », raconte Matthéo. Même philosophie en terrasse, où la capacité a été ramenée de 35 à 25 places. « On n’est pas là uniquement pour faire du chiffre. On proposera même un seul service. Quand les gens sont installés, ils doivent prendre le temps. »

Voilà qui change agréablement de ces restaurants où l’on vous regarde presque de travers lorsque vous prolongez votre café ! Chez Mamamok, on peut discuter sans partager malgré soi les confidences de la table voisine. Et si l’on vient en amoureux, on peut même se chamailler en toute tranquillité ! En revanche, chez les trois associés, pas de chicaneries en perspective. Tous trois sont amis ! Ils se sont connus dans la rue Vasselot, au fil de leurs expériences professionnelles. Matthéo était responsable au Vasselot, où Moké travaillait en cuisine. Manon exerçait chez Mariette, juste en face. Très vite, ils ont découvert qu’ils partageaient la même passion et surtout la même envie d’aller plus loin dans leurs aventures culinaires.

« Nous avions énormément de créativité en nous. Nous voulions pousser les curseurs », précise Matthéo. « Nos patrons étaient peut-être un petit peu réticents à prendre des risques. Et on s’est dit : autant les prendre pour nous. » Fils de restaurateur et de caviste, formé au lycée hôtelier de Dinard, Matthéo a commencé dans le métier à 15 ans. Moké, elle, a choisi de faire de sa passion pour la cuisine son métier, après une reconversion et un CAP accéléré en un an. Aujourd’hui, les trois associés dirigent une équipe de six personnes, avec quatre professionnels en cuisine et deux en salle. 

Ici, l’accueil, le conseil et les échanges autour des plats font partie intégrante de l’expérience.

Si la salle séduit immédiatement, c’est bien dans l’assiette que Mamamok entend faire la différence. Aux fourneaux, Moké Kolodo impose une cuisine personnelle, généreuse, parfois surprenante, où les produits de saison côtoient des associations plus audacieuses. « Nous suivons le cours des saisons. La carte changera régulièrement, le midi toutes les semaines et le soir toutes les quatre à six semaines environ », explique la cheffe. « Nous sommes sur les thématiques bistrot, même si, des fois, je me fais un peu plaisir et je pousse un petit peu. »

Le jour de notre visite, Moké proposait des ravioles de crabe et poireaux ou encore une joue de porc confite au cidre et son crémeux de carottes rôties au miel et au balsamique. « On est quand même dans le traditionnel et dans le simple », précise-t-elle. Mais un traditionnel qui n’interdit ni la recherche ni l’imagination. La véritable signature de Mamamok tient toutefois dans une idée originale : associer chaque assiette à un élixir, un petit contenant liquide destiné à prolonger les saveurs du plat.  « L’élixir, c’est un élément à part entière de l’assiette qui vient amener des exhausteurs de goût, des autre manières de déguster le repas.», explique Matthéo. « Le but, c’est de procurer la bouchée parfaite. »

L’élixir peut se boire, se verser ou accompagner une bouchée. Mais malgré ses ambitions culinaires, Mamamok n’entend pas réserver sa table aux seuls gastronomes fortunés. Du mardi au vendredi, le déjeuner propose une formule entrée, plat et dessert à 21 euros, renouvelée chaque semaine. Le soir et le samedi, place à une carte plus élaborée, composée de trois entrées, trois plats et trois desserts, avec un renouvellement toutes les quatre à six semaines environ. « Nous sommes sur de la bistronomie, avec des produits nobles », affirme Matthéo. « Quand les Rennais viennent chez nous, ils doivent se dire : tous ces produits-là, je peux les acheter, mais je n’arriverai pas à faire pareil. »

Autre particularité : les trois associés ne chercheront pas à faire le buzz à tout prix sur les réseaux sociaux. Ils préfèrent miser sur le bouche-à-oreille, convaincus que les meilleurs ambassadeurs seront leurs clients. « On s’adresse à une clientèle hyper ciblée, curieuse et prête à sortir de leurs habitudes culinaires », reconnaît Manons. Assurément, Mamamok ne sera pas une simple reprise du Café des Bains. Il aura sa propre identité, jusqu’à son nom qui reprend les premières lettres des prénoms des trois associés. 

À Rennes, où les ouvertures se succèdent parfois plus vite que les saisons, Mamamok possèdera ce petit supplément d’âme qui donne envie de pousser la porte. On ira pour la cuisine recherchée de Moké, pour la gentillesse de l’équipe, pour l’atmosphère chaleureuse et, surtout, pour le plaisir de prendre son temps. Une adresse à découvrir absolument. Et, pourquoi pas, à adopter ! Pratique : Mamamok, 36, rue Saint-Georges, Rennes. Ouvert du mardi au samedi, de 12 h à 14 h et de 19 h 30 à 22 h 30. Fermé dimanche et lundi. Réservations au 02 23 20 35 64.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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