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dimanche 25 février 2024
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LIGNE B : VERS UNE VRAIE PISTE POUR LA PANNE 

Dans des affaires (telle que la panne de la ligne B), les sachants se drapent dans leurs expertises. Les autorités politiques se couvrent derrière les techniciens. Bref, comme les amis d’Edmond Hervé, ministre de la Santé et maire de Rennes l’affirmaient au moment du drame du sang contaminé : « nous sommes responsables, mais pas coupables ! » Malgré deux conférences de presse, organisées en grande pompe, on restait toujours dans le flou. Un semblant d’explications était toutefois donné par Rennes Métropole. « L’incident majeur, survenu le mercredi 3 janvier à 7 h 20, est causé par la casse d’une pièce mécanique sur l’un des quatre bogies (chariot sous un véhicule ferroviaire) », indiquait un communiqué. Mais quid du nom de la pièce ? C’était mystère et boule de gomme sur les motifs du « boogie-woogie » des rames ?

Sauf que voilà un journaliste du Télégramme (https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes-35000/metro-en-panne-a-rennes-la-faute-a-un-simple-ecrou-6503502.php) a cherché la petite bête. Il a consulté tous les arrêtés préfectoraux pour dénicher une piste (depuis reprise par le journal Ouest-France). Dans l’une des décisions préfectorales (paru le 12 janvier), il a trouvé des pépites. Le premier dysfonctionnement survenu le 18 novembre serait lié au « déguidade (sorte de déraillement) » de la rame Neoval numéro 56. Comme nous l’avait d’ailleurs précisé dans un courrier envoyé à notre rédaction un ingénieur qui souhaitait conserver l’anonymat. « Les freinages d’urgence constatés seraient dus à un déguidage. Ils sont juste une conséquence de cette difficulté », expliquait-il. « Or il n’a jamais été question d’une telle hypothèse dans les communiqués de Siemens, de la STAR ou de Rennes Métropole. Cela constitue un déni d’information assez grave compte tenu des répercussions d’un tel problème de sécurité. (…) Il y a potentiellement plusieurs mois d’arrêt à la clé, car ça nécessiterait d’importantes modifications sur le matériel. »

Mais en lisant l’arrêté préfectoral assez complexe au demeurant, la préfecture semble encore aller plus loin dans les pistes ! Elle évoque un problème dans les « fixations des pivots de guidages (PG) des essieux » lors des deux pannes. Or, ces PG sont cruciaux. « Ce dispositif permet aux roues de se positionner correctement sur les rails. Il garantit une conduite stable en ligne droite et dans les courbes », ose affirmer un expert. « Il réduit l’usure des voies et des roues, et permet de naviguer à travers les réseaux ferroviaires complexes avec souplesse et fiabilité. »

En attendant, le préfet a suspendu la circulation de la « b ». Il ne prévoit pas de retour à la normale tant qu’une solution permette de garantir le « non-desserrage de l’écrou » des pivots de guidage. En tout cas, cette affaire montre ô combien la transparence doit être de mise pour éviter toute thèse complotiste. Rien ne sert de cacher une vérité qui, un jour ou l’autre, risque de court-circuiter votre communication. Devant ce fiasco technique, économique (bataille d’assurances) et aujourd’hui politique, la colère froide méritait bien plus que des « non-dits » et un «orgueil mal placé» des sachants de ce dossier. 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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