10.6 C
Rennes
samedi 6 décembre 2025
AccueilActualitésL’ex-candidat aux municipales de Goven condamné pour harcèlement envers sa compagne

L’ex-candidat aux municipales de Goven condamné pour harcèlement envers sa compagne

La femme de Philippe Favaron, candidat aux élections municipales de 2014 à Goven, prend  la décision, le 13 avril 2022, de quitter le domicile conjugal avec ses filles « et ses chats ». « On a vécu trois semaines dans un appartement sans chauffage, sans lit, sans rien, mais on se sentait à l’abri », se souvient aujourd’hui celle qui est depuis divorcée. Quelques semaines plus tard, le 3 mai 2022, elle circule sur l’autoroute A84 avec sa fille. Derrière elle, son ex-mari la suit en voiture. Immédiatement, elle appelle les forces de l’ordre après avoir « tenté de le semer ». Les gendarmes contactent alors ce chef d’entreprise originaire de Toulouse (Haute-Garonne) — où il est depuis retourné vivre — et lui conseillent de cesser vivement de l’importuner.

Après ces faits, Philippe Favaron dépose plainte pour « dénonciation calomnieuse » à l’encontre de son épouse. Mais, après avoir longuement raconté son quotidien à la gendarmerie de Saint-Aubin-du-Cormier, son ex-femme est invitée par une avocate à « se barrer » rapidement et à son tour à porter plainte. « Ce qu’elle vivait n’était pas normal », confirme un gendarme. En couple « pendant vingt-trois ans », cette mère de famille est venue dire au tribunal, ce jeudi 6 novembre 2025, la « torture mentale et psychologique » infligée par le père de ses enfants, aujourd’hui âgé de 61 ans. Outre des remarques « sur son poids », cette habitante de Gosné était régulièrement convoquée dans le bureau de son mari pour subir « des heures et des heures » de reproches. Elle ne « pouvait pas partir » sans son autorisation. Pis encore, Philippe Favaron « élevait la voix » si elle osait « répondre ».

Philippe Favaron faisait « du chantage au suicide », y compris devant sa fille aînée. Il plaçait un pistolet sur sa tempe et menaçait de tirer.

Lorsque cette femme, « constamment sous surveillance », sortait de la maison familiale, les appels de son mari se multipliaient pour qu’elle « rentre au plus vite ». Elle devait en tout état de cause « rentrer avant qu’il ne s’endorme » et « préparer ses repas ». Devant le tribunal correctionnel, le 6 novembre, sa fille cadette — qui appelle son père par son prénom et le désigne comme un simple « géniteur » dans un SMS — a confirmé les multiples « convocations » dans le bureau paternel.

Face au tribunal, Philippe Favaron, dont la personnalité est marquée par « une hypertrophie du moi », reconnaît tout au plus des propos « maladroits » envers son ex-femme et une éducation « trop anxiogène » à l’égard de ses filles. Mais il assure n’avoir jamais eu la moindre « intention » de mal agir ni d’engendrer de telles « conséquences ». Depuis ces faits, il a depuis été condamné par le tribunal correctionnel de Toulouse pour « violences habituelles » sur sa nouvelle compagne, avec laquelle il est toujours en couple.

« Les symptômes dont l’épouse souffrait étaient ceux que l’on trouve chez les victimes de camps totalitaires », a affirmé un psychologue à la barre.

Pour le procureur de la République, la culpabilité du prévenu est « évidente » et sa personnalité « inquiétante ». Le magistrat a requis un an de prison avec sursis probatoire pendant deux ans pour harcèlement entre 2016 et 2022. « Sa personnalité est agaçante, mais on n’est pas là pour apprécier si quelqu’un est sympathique », a toutefois recadré l’avocate de la défense, Me Alyssa Duranteau, avant de solliciter une peine de sursis simple « réduite à de plus justes proportions ».

Mais en raison de la « gravité » des faits et de son « positionnement », le tribunal correctionnel de Rennes est allé au-delà des réquisitions du parquet. Il a finalement condamné Philippe Favaron à deux ans et demi de prison avec sursis, assortis de l’obligation de suivre un stage de sensibilisation aux violences conjugales, sous peine d’un emprisonnement de deux mois en cas de non-exécution. L’ancien candidat aux élections municipales, poursuivi pour harcèlement entre 2016 et 2022, a également interdiction d’entrer en contact avec son ex-femme et ses filles pendant deux ans. Il lui est enfin interdit de se présenter à toute élection et de porter une arme pendant cinq ans. (avec PressPepper)

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

// Dernières nouvelles publiées

Des coups de feu entendus sur la dalle Kennedy

Rennes. 21 h 30, vendredi 5 décembre. Ce vendredi 5 décembre, vers 20 h 30, plusieurs coups de feu ont été entendus sur la...
- Advertisement -
- Advertisement -

// Ces articles peuvent vous intéresser