Les instants de Nathalie Appéré. À Rennes, la campagne municipale ne bat pas encore son plein, mais la maire Nathalie Appéré est partout. Partout dans la ville, partout sur les réseaux. Sur Facebook, elle partage avec constance ses « instants à Rennes » — un Thabor doré par l’automne, le Salon des artisans à la Halle Martenot, les 50 ans de la Maison de quartier de Villejean. La Socialiste y affiche son côté « élue proche du terrain ». Des pauses bucoliques avant les débats polémiques.
Chauve qui peut ! Entre deux publications, Nathalie Appéré félicite le Rennais d’adoption Laurent Mauvignier, fraîchement couronné du Prix Goncourt, salue le jumelage Rennes–Brno (« 60 ans d’amitié ») et lance les travaux sur les quais de Vilaine. « Ce sera un écrin de verdure pour un centre-ville plus apaisé. » Un écrin, oui, mais pas pour tout le monde. « Et les chauves-souris sous la dalle, elles deviennent quoi ? », demande une internaute rennaise.
L’union vert-rose, la coalition des bons sentiments. Les écologistes de Confluences partiront unis dès le premier tour avec le Parti socialiste et les forces de la majorité sortante, contrairement aux dernières élections municipales. À l’époque, il est vrai, les Verts avaient le vent en poupe. Ils pouvaient prétendre à une victoire. « C’est un nouveau chapitre d’unité, d’énergie et d’espoir », proclament Gaëlle et Priscilla, les « co-porte-paroles » du mouvement. « C’est un mariage de raison, pas d’amour », souffle un écologiste de longue date. Pour la maire, c’est un renfort bienvenu. Mieux vaut « bétonner » son flanc vert avant les municipales de 2026.
Compagnon dans le kop : l’opposition fait… bloc. Vendredi soir, au match Paris FC — Stade rennais, les supporters ont eu la surprise de voir Charles Compagnon, le chef de file de la droite rennaise, dans le kop rouge et noir. Pas en tribune VIP, non : au milieu du peuple, écharpe au cou. Ce choix symbolique pour celui qui, depuis sa défaite de 2020, cherche à reconquérir des voix populaires. Mais difficile de ne pas y découvrir un message subliminal : le futur candidat mise sur le terrain, au sens propre comme au figuré. Habituée des loges du Roazhon park, Nathalie Appéré appréciera !
Cela sent la poudre. Le candidat LR Thomas Rousseau s’est indigné des « pressions politiques » contre l’entreprise Le Canon français, organisatrice de banquets traditionnels. Selon lui, « des interventions militantes d’extrême gauche » ont provoqué des « pertes financières » et « des menaces pour les emplois ». « Nous ne comprenons pas la condamnation d’une initiative dont la vocation était de créer du lien social », ajoute-t-il. Pour ses adversaires, ces banquets sentaient surtout la nostalgie identitaire et la récupération politique. Mais Thomas Rousseau persiste et signe. « On ne défend pas la France en s’excusant d’aimer ses traditions. » Le Canon français a trouvé son avocat.
Marie Mesmeur en boutefeu. La députée insoumise Marie Mesmeur a déniché un nouveau cheval de bataille. Après la Palestine, elle s’attaque vertement aux banquets du Canon français, soutenue par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin. Elle voit surtout dans ces rassemblements la « patte » de l’extrême droite (sa réaction). Conséquence de son engagement et ses propos, elle est poursuivie par les organisateurs en justice pour diffamation.
Rabattez-vous sur Ulysse, qu’il disait ! Chez les Insoumis, les dissensions sont parfois brutales. À l’échelon national, les « purges » sont monnaie courante. Raquel Garrido et son compagnon Alexis Corbière en ont fait les frais. Au niveau local, Ulysse Rabaté, enseignant-chercheur, s’est déclaré candidat aux élections municipales. « Avec l’association Rennes commune, on propose une ligne claire. Celle d’un mouvement citoyen, de rassemblement populaire offrant une alternative, à gauche, à la majorité actuelle », annonce-t-il dans les colonnes d’Ouest-France. Son « aventure individuelle » devrait lui valoir une ex-communication du parti de Jean-Luc Mélenchon.
Nouvelle Énergie en conciliateur. Le parti Nouvelle Énergie, fondé par David Lisnard, avance ses pions en Ille-et-Vilaine. Le référent départemental Victor Roulet l’assure. « Nous n’avons pour le moment accordé aucune investiture ni soutien mais nous travaillons depuis plusieurs mois à rassembler les forces constructives de la droite et du centre, afin de favoriser l’alternance dans les villes où cela est nécessaire, et, dans tous cas, de participer à la vitalité locale. » Lors de la venue de leur représentant, à Saint-Malo, on a aperçu côte à côte Charles Compagnon et Thomas Rousseau, les deux visages d’une droite rennaise et d’un centre qui s’opposeront pour les prochaines municipales. La construction n’est pas encore pour demain.
Le RN veut sa rue Dominique Bernard. Deux ans après l’assassinat du professeur Dominique Bernard, le Rassemblement national propose de baptiser une rue de Rennes à son nom. « Une rue Dominique Bernard serait une manière, symbolique mais essentielle, de réparer cette faute originelle et d’assumer, enfin, la responsabilité de ces décisions passées», écrit Julien Masson, porte-parole du RN local. Au passage, il égratigne les écologistes, mélenchonnistes et communistes de Rennes de s’être «opposés à l’expulsion de la famille Mogouchkov, celle-là même dont est issu l’assassin» de Dominique Bernard. Le RN voit rouge.
Un ex-directeur de la police rejoint le RN à Rennes. L’ancien directeur départemental de la sécurité publique d’Ille-et-Vilaine, Luca Togni, a officialisé son engagement sur la liste RN-UDR de Julien Masson pour les municipales. Tout juste retraité de la police nationale, l’ex-commissaire central de Rennes revendique « 35 ans d’expérience sur le terrain » et dit rallier le RN pour son « diagnostic juste » en matière de sûreté. Une arrivée qui permet au RN d’afficher une vitrine d’expertise sécuritaire à Rennes, mais qui provoque déjà des remous dans les milieux institutionnels.
Julien Masson, une annonce un peu éclaboussée. Le candidat RN-UDR Julien Masson a tenu à une conférence de presse pour présenter sa candidature. Sa présentation officielle, soutenue par Gilles Pennelle, a été éclipsée par la révélation de la présence de Lucas Togni, ancien numéro 1 de la police dans le département. Un timing malheureux qui a relégué la tête de liste au second plan et brouillé le message d’une campagne censée marquer « le retour de l’ordre à Rennes. »
Thomas Rousseau ferme la porte au RN. Le candidat Thomas Rousseau (LR) a rejeté toute alliance avec le RN à Rennes, après avoir refusé un rapprochement avec le duo Carole Gandon-Charles Compagnon (centre droit). « Il a fermé toute éventualité d’union », a indiqué Julien Masson, qui dit pourtant avoir cherché « le rassemblement le plus large face à la gauche ». Julien Masson voit Thomas Rousseau comme une « béquille de la macronie ». Le RN se tourne désormais vers les « républicains courageux », ses alliés de l’UDR et les soutins d’Éric Ciotti. Décidément, tout le monde veut s’allier avec Thomas Rousseau…


