Ce samedi soir, à l’Antipode, dans le quartier de Cleunay, les privilégiés avaient plutôt l’impression d’être aux Trans qu’à Mythos. Après les Bacchantes et leurs incantations bretonnes aux voix cristallines, The Limiñanas entrait sur scène devant une foule plutôt mûre, cheveux poivre et sel façon Clooney. Six musiciens, tous passionnés de rock brut et hypnotique ! Si certains grincheux ont trouvé la prestation un peu trop lisse, trop proprette, elle a largement conquis les fans de Velvet Underground et d’instrumentaux qui traînent en longueur — dans le bon sens du terme.
Lionel et Marie Limiñana nous ont embarqués dans leur univers. Ils étaient épaulés par la voix grave de Thomas Gorman (Kill the Young) et l’énergie bondissante de Keith Streng (The Fleshtones) à la guitare. Pendant une heure trente de concert, les pintes à la main, les Rennais plongeaient dans les nappes sonores et ensorcelantes d’un rock digne des Kinks.
Dans cette salle aux allures de vaisseau spatial — ses coques métalliques en guise de murs —, le plancher ne cédait pas, mais il vibrait, porté par le clavier vintage d’Alan Barate, fidèle au poste. Venu du fin fond du Sud-Ouest, le groupe s’offrait un rappel sans se faire prier. Une vraie bonne soirée, pour un tarif plus que correct (26 euros), loin des prix qui s’envolent du côté du cabaret botanique. Il en faut pour toutes les bourses.


