Rennes, PressPepper. Noorullah X, le jeune homme mis en examen pour le coup de couteau mortel porté lors du drame de la boucherie afghane de la rue Vaneau, à Rennes, ne retrouvera pas la liberté sous bracelet électronique. Ce vendredi 26 juin 2026, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes annule la décision qui prévoyait son placement sous assignation à résidence sous surveillance électronique (ARSE) et ordonne son maintien en détention provisoire.
L’affaire remonte au 18 juin 2024. En début de soirée, le corps de Zabiullah Karimi, 47 ans, est découvert devant la boucherie tenue par les frères de son épouse. L’autopsie met en évidence « seize plaies au thorax, dans le bas-ventre et sur l’ensemble du corps ». Selon les éléments rappelés à l’audience, Zabiullah Karimi se présente ce soir-là dans le commerce lourdement armé. Il porte « une machette, un Taser et un pistolet Gomm-Cogne ». Il menace d’abord l’employé derrière la caisse en donnant « un coup de machette sur la balance ».
Mais l’arme se brise sous le choc. Les trois employés interviennent alors pour le maîtriser. Au cours de cette altercation, la victime reçoit « plusieurs coups de couteau ». Elle parvient néanmoins à se dégager, exhibe « un pistolet dissimulé dans son dos », avant d’être une nouvelle fois maîtrisée et désarmée. En tentant de prendre la fuite, elle s’effondre sur le trottoir de la rue Vaneau, sous les yeux de nombreux témoins. Selon l’avocat général, Bernard Simier, les passants sont restés « gravement marqués » par la scène.
De violents « coups de pied » lui auraient également été assénés.
Dans cette affaire, les deux beaux-frères de la victime sont immédiatement arrêtés et mis en examen par le parquet de Rennes. Depuis, le plus jeune, Noorullah X, n’a jamais contesté être « l’auteur du coup de couteau mortel » . Il a été placé en détention provisoire le 20 juin 2024. Son aîné, lui, avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Le 2 juin 2025, une reconstitution est organisée en présence des deux mis en examen, soupçonnés, avec leur troisième frère, d’avoir mené « une guerre » contre leur sœur et son beau-frère. Selon l’avocat de la veuve, Zabiullah Karimi avait déjà fait l’objet, à plusieurs reprises, de « menaces de mort » de la part de sa belle-famille. Me Jean-Guillaume Le Mintier affirme également qu’un « enregistrement audio » de menaces proférées la veille des faits figure au dossier.
À l’issue de cette reconstitution, un juge des libertés et de la détention décide de sortir Noorullah X de prison. «Les critères, justifiant son maintien en prison ne sont plus réunis », estime-t-il. Il ordonne son placement sous bracelet électronique en Mayenne, où résident sa femme et leur jeune enfant. Mais le parquet de Rennes s’oppose immédiatement à cette décision en déposant un référé-détention, ce qui suspend sa remise en liberté.
À l’audience, son avocate, Me Manon Couté, décrit une détention « difficile ». « Mon client souffre de troubles de la mémoire authentiques, liés au syndrome post-traumatique développé après les faits», explique-t-elle. Depuis « plus d’une semaine », il ne peut « plus sortir en promenade » après l’agression de son codétenu. «Son état s’aggrave», assure l’avocate, rappelant qu’il travaille en détention, « suit des formations », « a passé un diplôme en langue française » et « investi les soins ».
Le ministère public défend une position radicalement opposée. Pour l’avocat général, cette affaire relève d’une « véritable sauvagerie » qui a « marqué localement ». « L’essence originelle de ce conflit familial n’est toujours pas clairement établie. Je redoute la commission de nouveaux faits de cette nature ainsi que des pressions sur les témoins et les victimes ». La chambre de l’instruction suit finalement les réquisitions du parquet. Le placement sous bracelet électronique est annulé. Noorullah X reste donc en détention provisoire dans l’attente de la suite de la procédure. Voir notre article précédent sur cette affaire.


