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LE GRAND RÉSISTANT RENNAIS CHARLES TILLON PAR SON PETIT-FILS

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Charles Tillon n’a rien à voir avec Fabrice Del Dongo (anti-héros de la Chartreuse de Parme de Stendahl). Rennais d’origine, ce héros des temps moderne fut le chef créateur des Francs-tireurs et partisans), député et figure emblématique du parti communiste à l’époque où les intellectuels se bousculaient pour en devenir membre ! Injustement oublié des historiens, il ressurgit du passé grâce à son petit-fils, Fabien Tillon, journaliste, auteur et scénariste, dans un récit haletant intitulé sobrement Charles Tillon.

Sa soif de création

En fermant cet ouvrage joliment ciselé, on regrette presque de ne pas avoir connu ce mutin de la Marine de 14 croupissant dans les geôles marocaines de longues années et ce Breton taciturne et tranquille qui passe ses journées dans les pages des livres. Charles Tillon était sans doute un jeune homme turbulent, un rouge enfiévré, un militant endiablé. Mais ce bagnard révolutionnaire était aussi un esthète. “Il fréquente chaque jour le Musée des Beaux-Arts de Rennes, admirant la tournure d’une lumière, la pose d’un geste, cherchant parmi les maîtres illustres de quoi satisfaire sa soif de création “, rapporte Fabrice.

A Rennes, Charles Tillon ose haranguer et contredire les camelots du Roi de l’Action Française, lui le petit communiste Engagé politiquement, il rencontre bien vite les figures tutélaires de la gauche française (Maurice Thorez…), se lie d’amitiés avec la Rennaise, Louise Bodin et part bien vite à Moscou dans le grand pays frère. “C’est un homme qui court de plus en plus vite, à foulées de plus en plus sèches. (…) Obsédé par ses combats et tout entier aux tâches que lui impose sa servitude militante, il embrasse à peine sa compagne quand il la croise, dorlote parfois son fils et n’a pas le loisir de voir vieillir ses parents rennais bien-aimés, ni sa chère Jeanne.”

Adversaire de Laval à la mairie d’Aubervilliers, Charles Tillon enfile vite bien le costume républicain du député. A l’Assemblée nationale, il fait des siennes, se bat contre la droite. Mais encore une fois, le besoin d’aventures se fait sentir. Il s’en va en Espagne soutenir les Républicains et se retrouve encore une fois en prison. De ce sombre épisode, il conservera l’image de ces soldats tournant leurs armes contre eux-mêmes pour éviter l’ultime humiliation de tomber sous les balles des Franquistes.

Sur les traces de Du Guesclin

Brave parmi les braves, Charles Tillon se retrouve quelques années plus tard encore une fois face au fascisme. Un jour avant le Grand Général, il lance l’appel du 17 juin, marquant d’une pierre blanche le chemin de la liberté. Puis, en juillet 1941, il créé les FTP. Plein de fougue, il marche sur les traces d’un autre résistant breton : le chevalier Du Guesclin. “Comme le héros de son enfance, il songe qu’il faut avant tout demeurer souple, mobile, prudent, peu nombreux à sa battre. Faire de sa faiblesse une force.”

A la fin la Guerre, le Général de Gaulle reconnaîtra l’un des siens. Il en fit un ministre à la libération et transforma l’ancien mutin en un héros républicain. Charles Tillon entrait par la grande porte dans la légende. Il retrouve désormais sa vraie place dans le panthéon des grands hommes, grâce à son petit-fils. Charles Tillon est décédé en 1993, à l’âge de 96 ans. A Rennes, une rue porte son nom et à la Bouëxière où il vécut une grande partie des dernières années de sa vie, on se souvient encore de cette force tranquille. Charles Tillon, Le chef des FTP trahi par les siens, de Fabien Tillon. Préface d’Edgar Morin. Éditions Don Quichotte/Le Seuil. 304 p. 22 €.

A propos de l'auteur

jean-christophe collet

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