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LASSÉE D’ÊTRE FRAPPÉE, INSULTÉE, ELLE TUE SON MARI EN DÉCEMBRE 1926

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A 7 heures du matin, ce 22 décembre 1926, une femme jeune, échevelée, vêtue sommairement, chaussée de pantoufles, entre précipitamment dans le commissariat de l’avenue Janvier. Elle s’effondre sur une chaise en disant : “je viens de tuer mon mari!” Mais elle n’en dit pas plus jusque’à l’arrivée du commissaire de l’arrondissement, Monsieur Méchenet qui se laissa conduire par la meurtrière sur les lieux du drame. 

Arrivé dans la pièce du crime, au 3e étage d’un immeuble du numéro 12 de la place de la Gare, le policier se retrouve devant un macabre spectacle. “Sur le lit d’une banale petite chambre de meublé,  écrit le journal Ouest-Eclair, un homme gisait, râlant, la tête tournée vers la ruelle du lit, le torse recouvert par les draps et les couvertures. Sur le haut du crâne, un peu en arrière, une plaie ronde apparaissait d’où s’échappait un peu de sang…et à chaque mouvement respiratoire du malheureux, aux prises avec les affres de la mort, un jet de sang jaillissait de sa bouche et de ses narines. Bientôt, le lit et le plancher en furent inondés.”

Quelques minutes après le commissaire, le docteur Baderot arriva sur les lieux. Mais il ne put rien faire. Roland Jolly Pinson du Sabla, 25 ans, originaire de Doulon, près de Nantes, était mort. Sa meurtrière âgée de 22 ans vivait avec lui depuis trois ans. “Mais le ménage n’avait jamais été très uni”, précise le journal.”Leur lune de miel avait été fort mouvementée.”  D’une très honorable famille, Roland n’avait causé que des désagréments à ses parents. Condamné par le tribunal correctionnel de Nantes pour vol, il tenait à s’amender…Mais visiblement, le Nantais, jaloux, menait la vie dure à sa femme, modiste de métier. “Elle vivait en recluse, sortant à peine, ayant parfois juste l’argent nécessaire pour préparer les repas.”

Embauché comme maçon sur le chantier du Palais du commerce, il enfermait sa femme, cachait ses chaussures. Parfois, il disparaissait quelques jours. Résultat, les scènes de ménage étaient nombreuses et la logeuse du couple leur avait demandé de déguerpir. Devant sa terrible situation, à diverses reprises, la femme avait souhaité quitter son mari. “Mais ce dernier, mis au courant de ce projet, avait menacé sa femme de la tuer, si elle le quittait.” 

Un bien vilain bonhomme !”, commenta la voisine. “Son mari la battait. C’était intenable. Je m’explique que cette femme en soit arrivée à faire ce qu’elle a fait.” 

Lassée de vivre une si misérable vie, d’être insultée, d’être frappée, Gabrielle Griffon eut l’idée d’acheter un revolver avec ses maigres économies. Le soir du drame, son mari lui défendit de s’allonger sur le lit et lui fit voir son rasoir qu’il place sous le traversin. “C’est alors que prise de peur et craignant pour ma vie, je saisis mon revolver”, expliqua la jeune femme. “J’ai passé toute la nuit sur une chaise, sans pouvoir dormir. Dans le lit, mon mari ronflait…”

Au petit matin, brisée de fatigue, Gabrielle tenta de s’allonger sur le lit. “Mon mari se réveilla. Il fit le geste de chercher son rasoir…Affolée, je bondis hors du lit et sans me rendre compte de ce que je faisais, je pris le revolver que j’avais gardé dans la poche de mon tablier et par quatre fois, je tirai.” Petite femme aux chevaux châtains, assez jolie, des yeux bleus, presque candides, Gabrielle fut conduite en fiacre chez le procureur puis en prison le soir du meurtre. 

 

 

 

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jean-christophe collet

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