Ce dimanche matin 15 février, dans le hall feutré du hôtel Balthazar Hôtel & Spa, rue Maréchal-Joffre, un Rennais boit son café, tranquillement. Devant lui, l’humoriste Fabrice Eboué, en représentation hier soir au Liberté, quitte discrètement les lieux. La scène l’amuse. Mais ce qui retient surtout son attention, c’est l’animation inhabituelle devant la réception. Couples élégants, jeunes amoureux, une femme serrant contre elle un bouquet : tous patientent pour régler leur nuit.
En lui apportant un journal, un serveur glisse à son client, sourire aux lèvres. « C’est la Saint-Valentin. C’est le branle-bas de combat depuis hier. Il y avait la queue au restaurant, au petit déjeuner, et encore ce matin devant le guichet. » Malgré la pluie et un contexte économique parfois morose, l’amour semble avoir trouvé preneur pour cette Saint-Valentin 2026. Même effervescence du côté du Piccadilly, autre institution rennaise. « Hier soir, nos deux services étaient complets », confie un employé. « J’ai compté pas moins de 160 couverts. Cela a marché du feu de Dieu. »
La Saint-Valentin, célébrée chaque 14 février, puise ses racines dans l’Antiquité tardive. Plusieurs martyrs chrétiens nommés Valentin auraient vécu au IIIᵉ siècle. Selon la tradition la plus répandue, un prêtre aurait défié l’empereur Claude II en célébrant des mariages en secret, avant d’être exécuté. Au Moyen Âge, la fête s’associe progressivement à l’amour courtois, notamment en Angleterre et en France, où l’on croyait que les oiseaux choisissaient leur partenaire à cette date. Au fil des siècles, la tradition s’est transformée en rendez-vous romantique, parfois teinté de marketing. Certains jugent toutefois la Saint-Valentin surannée, trop commerciale, voire artificielle. « L’amour ne se décrète pas un jour précis », entend-on souvent. À Rennes, ce week-end, l’envie de partager un moment à deux est demeuré intacte pour beaucoup.



