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JULIEN STÉPHAN : UN ROI DÉTRÔNÉ

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Il était une sorte de grand manitou à la gueule d’ange. Il avait emmené les Rennais sur les toits de l’Europe. Il avait redonné à notre bonne ville la joie et l’allégresse en brandissant une coupe dans le stade de France. Il était devenu un coach adulé par le kop rennais scandant son nom dans le Roazhon Park. Il était Rennais et rendait fiers notre maire, des milliers de gamins en rouge et noir, des centaines de vieux gars aux allures bédonnantes et un milliardaire octogénaire sur la plus vieille place rennaise. Intronisé roi des terrains, ce quarantenaire propre sur lui représentait la classe incarnée, l’espoir d’un foot champagne, l’élégance retrouvée. Il avait, durant quelques mois, donné au foot rennais des lettres de noblesse à jamais gravées dans les mémoires. Il était devenu le Jean Prouff des temps modernes accompagnant les Ben Arfa, les Bourigeaud et Camavinga dans une ronde bretonne, dans une bourrée interminable, sous les projecteurs des stades de France. On espérait avec lui une plus grande épopée digne des Verts et des Rémois. On rêvait de nouveaux trophées…Mais patatras, la roue tournait dans le mauvais sens. Julien Stéphan était détrôné sur la place publique à cause des nombreuses défaites de son équipe. Il redevenait un quidam au milieu d’une foule haineuse. Il était livré à la chienlit footballistique. Comme le sont de nombreux ouvriers besogneux, d’employés modèles, il perdait confiance face à la pression de la rentabilité et médiatique. Il perdait pied ! Il lui restait l’honneur. Il préférait la démission au déshonneur. Mais que c’est triste ce temps-là où des hommes sont obligés de se sacrifier au nom d’institutionS ! Que c’est triste ce temps-là où l’on demande des résultats ! Le football est devenu une entreprise. Il est l’image d’une société qui se débarrasse des perdants, pis des gagnants de jadis devenus soudainement parias. Quelle image donne-t-on aux apprentis footballeurs, aux jeunes de nos sociétés ! Désormais, le sacro-saint principe du sport n’est plus celui de Coubertin…L’essentiel n’est plus de participer ! Il est de gagner…

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jean-christophe collet

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