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mardi 16 avril 2024
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JE NE TRIE PAS MES ÉLÈVES, MAIS MES DÉCHETS

Dans la capitale bretonne, ce mardi 2 avril 2024, des enseignants ont protesté contre la réforme controversée du « choc des savoirs » dans les collèges et le déficit de moyens dans les lycées. Ils étaient environ 600 personnes à défiler de l’institut de formations des professeurs (Inspe) à la direction départementale académique, installée sur les quais de Vilaine. 

Venus nombreux, des grévistes d’une quarantaine de collèges ont marqué leur présence dans le cortège. Ils venaient de Bruz, Noyal-sur-Vilaine, Chartres-de-Bretagne, Saint-Jacques-de-la-Lande… « Nous n’avons pas choisi de nous investir dans un établissement public pour effectuer une ségrégation entre les élèves, dès l’âge de 11 ans », expliquait une manifestante. 

« La réforme du choc des savoirs, décidée en quelques mois et applicable sans moyens dès la rentrée 2024, nous préoccupe profondément. Nous aspirons à offrir au contraire à tous les enfants, sans distinction d’origine, de milieu social ou de compétences, le soutien intégral qu’ils méritent.» Et d’ajouter : «les collégiens seront les premières victimes. Ils seront sélectionnés par groupes de niveau et étiquetés faibles, moyens ou très bons. Cela va non seulement générer de la pression et de la concurrence, mais aussi des moqueries et du harcèlement entre les élèves, conduisant à des discriminations, du mal-être et une perte d’estime de soi. »

Je trie mes déchets, mais pas mes élèves, » affichait sur une pancarte une enseignante.

En début de matinée, une manifestation spécifique a eu lieu devant le rectorat de Rennes. Une vingtaine de professeurs venus d’un collège de Riantec dans le Morbihan y ont exprimé leur désaccord face à cette réforme surnommée le « choc des savoirs », selon Le Télégramme de Rennes. Les actions en cours reflètent une volonté ferme de défendre une vision de l’éducation inclusive et bienveillante, s’opposant à toute forme de ségrégation ou de discrimination au sein du système éducatif. Sept syndicats, parmi lesquels le Syndicat national des enseignements de second degré (Snes FSU), la CGT, le Syndicat national de l’éducation physique (Snep), FO, Sud 35 ou encore la Confédération nationale du travail (CNT), appelaient à la grève.

Photos JPP.

Infos + : la note discordante : « Il n’y avait rien de plus terrible que les différences de niveau dans une classe », explique une ancienne enseignante de français. « J’étais obligée d’arrêter mon cours pour éclaircir les choses pour ceux qui ne suivaient pas. Résultat, les plus forts étaient découragés. Ils jacassaient dans leur coin. Je passais bien plus de temps à faire de la discipline entre les groupes qu’à leur apprendre le français. J’ai renoncé bien vite. Cette réforme oppose deux principes antinomiques : la progression sociale et l’égalité entre tous. » 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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