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vendredi 30 octobre 2026
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Interdiction totale de manifester dans le centre-ville samedi 31 octobre

À Rennes, la préfecture a décidé de serrer la vis. Après les violences et les dégradations des 17 et 24 octobre, il n’est plus question de laisser les manifestations se dérouler dans le centre-ville. Ce samedi 31 octobre 2026, tous les rassemblements revendicatifs seront interdits dans un vaste périmètre. Et pour Halloween, les restrictions se prolongeront jusque tard dans la nuit. La préfète Emmanuelle Dubée redoute de nouveaux affrontements et annonce un dispositif policier particulièrement musclé.

Après deux week-ends marqués par des violences, des vitrines endommagées et des affrontements avec les forces de l’ordre, la préfecture ne veut plus prendre de risques. Dans un communiqué publié ce vendredi 30 octobre, elle annonce une interdiction générale des manifestations dans le centre-ville pour la journée de samedi. « Dans le contexte des exactions constatées le 17 et le 24 octobre, la journée du 31 octobre s’annonce de nouveau à haut risque à Rennes », prévient la préfecture.

La décision concerne d’abord un rassemblement annoncé à 14 heures, place de Bretagne, par le mouvement dit « du 17 octobre ». Cette mobilisation, relayée sur les réseaux sociaux, n’a fait l’objet d’aucune déclaration officielle. Aucun organisateur n’a été identifié. Pour les services de l’État, le lieu choisi n’a rien d’anodin : il se trouve à proximité du quartier où se sont concentrées les violences des deux précédents samedis. La manifestation est donc interdite.

Mais la mesure touche également les organisations syndicales (voir notre récent article), qui avaient, elles, déclaré leur manifestation. Leur parcours devait notamment passer par la place de Bretagne avant une dispersion place de la Gare. La préfecture juge cet itinéraire trop dangereux, particulièrement après les événements du 24 octobre, lorsque plusieurs milliers de personnes hostiles avaient, selon elle, tenté de remonter vers le nord, entraînant une partie des policiers et des gendarmes loin du centre-ville.

« La gare pourrait elle-même être la cible de casseurs, alors même qu’elle accueillera un public très nombreux en ce week-end de fin de vacances scolaires », ajoute la préfecture. Les services de l’État assurent avoir proposé plusieurs itinéraires alternatifs aux syndicats, dont un proche de celui qu’ils avaient initialement déposé. Faute d’accord, l’interdiction a finalement été prononcée. « En l’absence d’accord sur le parcours, la manifestation est interdite pour prévenir des troubles graves à l’ordre public », précise la préfecture.

Et ce n’est pas tout. La soirée d’Halloween inquiète également les autorités. Sur les réseaux sociaux, plusieurs appels à des rassemblements nocturnes ont été repérés. La préfecture craint que cette fête populaire ne serve de prétexte à de nouvelles violences. Les restrictions seront donc prolongées dans la nuit de samedi à dimanche. « Tout rassemblement de personnes est en conséquence interdit de 20h à 5h dans le centre-ville, dans le même périmètre présenté en annexe, sur la dalle du Colombier et autour du centre commercial Alma », indique la préfecture.

Faut-il pour autant renoncer à sortir boire un verre ou dîner au restaurant ? Pas nécessairement. Les autorités ont prévu des exceptions. « Les groupes de consommateurs présents sur les terrasses extérieures autorisées, les files d’attente pour accéder aux établissements commerciaux, culturels, sportifs, de restauration, ou aux débits de boissons ne sont pas concernés par cette interdiction », rassure la préfecture.

Autrement dit, la vie nocturne pourra se poursuivre, mais sous étroite surveillance. Autre restriction : la vente d’alcool à emporter sera interdite dans tous les commerces rennais, samedi à partir de 16 heures et jusqu’à dimanche, 8 heures. Pour les commerçants du centre-ville, cette nouvelle journée s’annonce particulièrement délicate. Déjà éprouvés par les précédentes manifestations, certains redoutent de nouvelles dégradations et une baisse de fréquentation. La préfecture ne cache d’ailleurs pas ses inquiétudes. « Les commerces ont été des cibles privilégiées des casseurs le 17 octobre », rappelle-t-elle.

La préfète Emmanuelle Dubée a de nouveau échangé avec leurs représentants ce vendredi matin. Des recommandations leur ont été transmises afin de limiter les risques. Le message est clair : mieux vaut protéger les personnes que tenter de défendre une vitrine ou une devanture. « Les commerçants ne doivent prendre aucun risque et ne pas s’exposer personnellement en tentant de s’interposer face à des individus violents », insiste la préfecture. En cas de danger, ils sont invités à composer immédiatement le 17.

Sur le terrain, les forces de l’ordre seront présentes en nombre. La préfecture annonce un dispositif renforcé, placé sous la responsabilité de la direction interdépartementale de la police nationale. Des unités de forces mobiles viendront épauler les policiers rennais. Les moyens engagés seront conséquents : deux engins lanceurs d’eau, des véhicules blindés de la gendarmerie nationale et un hélicoptère. Une mobilisation qui témoigne du niveau d’inquiétude des autorités. « Le dispositif sera très réactif et dynamique, pour gérer à la fois une foule importante et d’éventuels petits groupes de casseurs », annonce la préfecture.  « Les forces de sécurité intérieure interviendront immédiatement et systématiquement en cas de violences ou de dégradations. »

Les autorités rappellent par ailleurs les sanctions encourues. L’organisation d’une manifestation non déclarée ou interdite peut être punie de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende. La participation à une manifestation interdite est passible d’une contravention pouvant atteindre 750 euros. Le transport d’objets dangereux, d’équipements de protection ou de matériels susceptibles de servir à ériger des barricades est également interdit. La préfecture rappelle enfin l’interdiction de dissimuler son visage dans l’espace public.

À la veille de cette nouvelle journée sous tension, Emmanuelle Dubée tient aussi à adresser un message aux forces de l’ordre. Dans son communiqué, la représentante de l’État remercie les policiers mobilisés depuis plusieurs semaines pour assurer la sécurité des Rennais. Elle souligne leur engagement et leur travail, tout en leur renouvelant son soutien. Reste désormais à savoir si ces interdictions permettront d’éviter de nouveaux débordements. Entre les manifestations annoncées, les inquiétudes des commerçants et les festivités d’Halloween, Rennes s’apprête à vivre un samedi pas tout à fait comme les autres. Les uniformes risquent d’être aussi nombreux que les déguisements.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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