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jeudi 29 octobre 2026
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À Rennes, l’IGPN n’est pas la seule à enquêter sur les violences policières

Après les manifestations lycéennes d’octobre 2026, les accusations de violences policières ont relancé le débat sur le contrôle des forces de l’ordre. À Rennes, la délégation régionale de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert 47 enquêtes judiciaires en 2025. Mais la « police des polices » n’est pas la seule à examiner le comportement des fonctionnaires. Il existe aussi des cellules déontologiques, beaucoup moins connues du public, qui participent aux contrôles internes.

À Rennes, les manifestations des dernières semaines ont été marquées par des tensions entre policiers et manifestants. Tirs de gaz lacrymogènes, recours aux lanceurs de balles de défense (LBD), interpellations contestées et manifestants blessés ont suscité de nombreuses réactions. Des témoignages ont également dénoncé l’utilisation de gaz lacrymogènes à proximité d’établissements scolaires. Ces accusations restent à vérifier. Les mobilisations ont aussi été émaillées de violences contre les forces de l’ordre et de dégradations. Dans ce contexte, une question se pose : lorsqu’un policier est soupçonné d’avoir commis une faute, qui mène les investigations ?

Le rapport annuel 2025 de l’IGPN apporte un éclairage sur ce fonctionnement. Dans le Grand Ouest, la « police des polices » dispose d’une délégation installée à Rennes, où neuf enquêteurs sont affectés aux investigations. En 2025, elle a ouvert 47 enquêtes judiciaires et en a clôturé 37. Elle a également engagé dix enquêtes administratives et en a terminé quatorze. Ces chiffres concernent l’ensemble de son territoire d’intervention, et non uniquement Rennes ou la Bretagne. À l’échelle nationale, l’IGPN a ouvert 1 007 enquêtes judiciaires, dont 322 liées à l’usage de la force.

Mais ce que l’on sait moins, c’est que la Police nationale dispose également de cellules déontologiques. Réparties sur le territoire, ces structures participent au contrôle des pratiques professionnelles. Lorsqu’un policier est soupçonné de ne pas avoir respecté ses obligations, une enquête administrative peut être engagée pour établir les faits et envisager, si nécessaire, des suites disciplinaires. Cette procédure est différente d’une enquête judiciaire, qui vise à rechercher une éventuelle infraction pénale.

Les chiffres sont révélateurs. En 2025, sur 4 199 enquêtes administratives ouvertes dans l’ensemble de la Police nationale, seules 143 l’ont été par l’IGPN, soit 3,4 %. Les autres ont été prises en charge par différents services, sous la responsabilité de la hiérarchie. Toutes n’ont pas été menées par les seules cellules déontologiques et toutes ne concernent pas des violences policières. Le rapport recense 47 cellules déontologiques, regroupant 113 agents. Une nouvelle organisation, coordonnée par l’IGPN depuis 2026, doit permettre de mieux suivre ces investigations et d’harmoniser les pratiques.

Mais qu’en est-il à Rennes ? Si la délégation régionale de l’IGPN publie ses statistiques, l’activité des cellules déontologiques locales reste beaucoup plus difficile à connaître. Le rapport annuel 2025 ne précise ni le nombre d’enquêtes administratives menées par ces structures dans le Grand Ouest, ni les suites disciplinaires éventuellement données aux dossiers. Impossible, dès lors, de mesurer précisément leur activité à Rennes.

Cette distinction prend une importance particulière après les manifestations lycéennes d’octobre. Selon les chiffres rapportés par RTL, près de 50 enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN à l’échelle nationale en lien avec les événements récents, dont 36 concernant le mouvement lycéen. Mais ce bilan ne représente pas nécessairement la totalité des signalements visant des policiers. D’autres investigations peuvent être menées localement, dans un cadre judiciaire ou administratif.

À Rennes, plusieurs questions restent donc sans réponse. Combien de signalements ont été enregistrés depuis le début des manifestations ? Combien concernent des tirs de LBD, l’utilisation de gaz lacrymogènes ou des interpellations contestées ? Combien ont donné lieu à une enquête et quelles suites leur ont été données ? A ce stade, aucun bilan n’a été dressé pour les évènements 2026. 

Pour Stéphane Hardouin, directeur de l’IGPN et originaire de Rennes, le renforcement de la déontologie constitue une priorité. L’inspection entend notamment améliorer la coordination des services et le suivi des procédures. Elle met en avant trois valeurs : « exemplarité, objectivité et expertise ». Reste une interrogation essentielle : lorsqu’un citoyen dénonce le comportement d’un policier, comment savoir qui enquête et quelles suites sont données à son signalement. 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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