La contestation sociale pourrait prendre une nouvelle ampleur à Rennes. Plusieurs organisations syndicales appellent à manifester samedi 31 octobre 2026, à 14 h, place de Bretagne, contre la vie chère et pour la défense des libertés publiques. Après les mobilisations des 17 et 24 octobre, la CGT, la FSU, Solidaires, la Confédération paysanne, la FSE et l’Union Pirate souhaitent poursuivre le mouvement. Une grève massive et reconductible est envisagée à partir du jeudi 5 novembre.
« La colère sociale qui a gagné tout le pays le samedi 17 octobre ne s’est pas essoufflée du tout, bien au contraire ! Plus de 800 000 personnes ont participé, à l’échelle nationale, à chacune des deux précédentes journées de mobilisation», affirment les signataires d’un appel intersyndical. Pour les syndicats, la mobilisation dépasse désormais la seule question du pouvoir d’achat. Elle concerne également les libertés publiques et les conditions de vie des jeunes.
Aucune mesure répressive ne peut tenir lieu de réponse politique », écrivent-ils.
Au passage, les syndicat dénoncent les interdictions et les restrictions qui auraient accompagné les précédentes manifestations. « Il n’y a qu’une seule façon de mettre fin à cette colère sociale : il faut répondre aux revendications exprimées depuis plus d’un mois par la jeunesse et par les travailleurs et travailleuses. » Sans hésiter, les organisations accusent le gouvernement de privilégier une réponse sécuritaire plutôt que d’engager des discussions sur leurs revendications.
Parmi les organisateurs, Solidaires 35 adopte un ton ferme. « On ne nous fera pas taire ! On ne nous empêchera pas de manifester notre colère et d’exprimer nos revendications dans la rue. » Le syndicat appelle à une augmentation générale des salaires, accompagnée de leur indexation sur les prix. Il réclame également une taxation des superprofits. « Le partage des richesses, plutôt que toujours plus de dividendes et de cadeaux aux entreprises », insiste l’organisation. Laquelle demande aussi un budget répondant davantage aux besoins de la population.
Mais au-delà du rassemblement de samedi, les syndicats préparent déjà la suite. Une grève massive et reconductible pourrait débuter le jeudi 5 novembre. À ce stade, il s’agit d’un appel à construire le mouvement, et non de l’annonce d’une grève déjà décidée dans l’ensemble des secteurs. « Nous appelons aussi à préparer dès à présent la massification et la généralisation de la grève à partir du 5 novembre », précisent les organisations dans leur communiqué commun. Elles invitent les salariés et les étudiants à se réunir en assemblées générales sur leurs lieux de travail et d’études.
Dès aujourd’hui, les signataires affichent leur volonté d’installer un rapport de force durable. « C’est par une grève massive que nous mettrons le patronat et le gouvernement sous pression et que nous gagnerons sur nos revendications et celles de la jeunesse », estiment-ils. Solidaires 35 précise que son appel à la grève couvre les secteurs publics comme privés, afin de permettre au plus grand nombre de participer aux prochaines mobilisations.
Reste à savoir si cette stratégie permettra d’élargir le mouvement. Après deux samedis de manifestations, les organisations syndicales espèrent franchir une nouvelle étape en associant davantage le monde du travail à la contestation. À Rennes, le prochain rendez-vous est fixé au samedi 31 octobre, à 14 h, place de Bretagne, avant une possible intensification du mouvement à partir du 5 novembre.


