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mardi 29 septembre 2026
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Incinérateur de Villejean : Vivre Rennes rallume la bataille politique

Au lendemain de la sortie très offensive de l’entreprise italienne Ruths (voir notre article), Vivre Rennes monte à son tour au créneau dans le dossier de l’incinérateur de Villejean. Dans un communiqué diffusé ce 29 septembre, Charles Compagnon et Carole Gandon considèrent que les dernières révélations confortent les critiques qu’ils portent depuis plusieurs années contre la gestion du chantier par Rennes Métropole.

« Nous l’avons dénoncé tout au long du précédent mandat et je n’ai cessé de le rappeler lors de la dernière campagne municipale : ce dossier est emblématique de la méthode de gouvernance Appéré : un appel d’offres mal calibré, des signaux d’alerte ignorés, des décisions unilatérales bâclées… et à la fin, la facture envoyée aux Rennaises et aux Rennais », charge Charles Compagnon, président du groupe Vivre Rennes au conseil municipal et conseiller métropolitain.

Madame la Présidente, nous vous l’avions dit : sur ce dossier, l’Histoire vous regarde. »

Cette réaction intervient après la prise de parole de Ruths, écartée du chantier et dont le marché avait été résilié en janvier 2025. Dans un communiqué transmis à notre rédaction le 28 septembre, les avocats de l’entreprise italienne ont contesté les accusations de malfaçons, de manquements contractuels et d’obstruction formulées à son encontre. Ils ont au passage réclamé la communication du rapport définitif de Bureau Veritas du 4 juillet 2024 et remis sur la table un chiffre : 116 millions d’euros. Ce montant, délivré par l’expert judiciaire dans son rapport du 20 novembre 2025, serait à terme le coût supporté par Rennes Métropole.

« Plus la lumière est faite sur ce dossier, moins la décision d’arrêter le chantier et de lancer un marché de substitution est compréhensible », lance Charles Compagnon. Lequel tient à rappeler aux élus de la majorité en place. « Chacune de nos interventions a été balayée d’un revers de la main, en s’appuyant sur les conclusions d’un rapport du Bureau Veritas dont la version définitive ne nous a jamais été communiquée !, ajoute Carole Gandon. Depuis deux ans, nous demandons sur quels éléments techniques définitifs Rennes Métropole a fondé une décision qui engage aujourd’hui plus de cent millions d’euros d’argent public, près de 10 % de son budget annuel ? Cette question est toujours sans réponse aujourd’hui », s’indigne Carole Gandon.

« La communication de crise ne remplace pas une expertise »

Vivre Rennes remet au passage en avant le premier rapport de l’expert judiciaire Boixel, remis le 29 avril 2024. D’après le groupe, ce documenti déconseillait déjà le recours au marché de substitution et alertait Rennes Métropole sur les conséquences financières et calendaires d’un tel choix. « La communication de crise ne remplace pas une expertise. On ne peut pas engager une collectivité dans une dépense aussi considérable sans disposer d’une analyse technique complète. Il est temps que l’exécutif cesse cette fuite en avant, reconnaisse les erreurs commises et en tire enfin les conséquences », poursuit Carole Gandon.

Rennes Métropole défend une tout autre lecture du chantier. La collectivité a notamment fait état de 5 980 soudures reprises et de 104 collecteurs remplacés lors des travaux. Mais pour Charles Compagnon, l’affaire dépasse désormais la seule question technique de l’incinérateur. « Ce dossier dépasse le seul chantier de l’incinérateur. Il révèle un mode de gouvernance où l’on préfère défendre coûte que coûte une décision plutôt que reconnaître une erreur et la corriger. C’est le propre d’une majorité qui s’est habituée à décider seule, en écartant des instances de décision son opposition dont le rôle est de contrôler et d’alerter. Et ce sont les Rennais qui en paient le prix, jamais les dirigeants politiques. »

Et le chef de file de Vivre Rennes d’enfoncer le clou : « Une démocratie locale en bonne santé, ce n’est pas une majorité qui a toujours raison, c’est une majorité qui accepte d’être contrôlée. Sans contre-pouvoir, un pouvoir n’est pas plus fort : il se trompe seulement plus longtemps. » Après la contre-attaque de Ruths, la bataille autour de l’UVE de Villejean prend donc un nouveau tour politique. Vivre Rennes en fait désormais le symbole de ce qu’il considère comme un « échec de gouvernance ». 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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