À 33 ans, le prévenu connaît déjà bien les tribunaux et la prison. Avec plus de quarante mentions à son casier judiciaire, il devait être jugé à Rennes pour une tentative de vol commise sur une personne âgée de 89 ans et pour une affaire de recel. Son procès a été renvoyé au 1er octobre. En attendant, il restera derrière les barreaux.
« Mon grand frère arrive à entrer dans mon crâne. Partout, il m’accompagne. » Devant les juges rennais, Jordy L. tente de convaincre qu’une autre solution que la prison est possible. À 33 ans, l’homme voudrait rejoindre son frère, installé en France. Mais en face de lui, son casier judiciaire pèse lourd, très lourd : plus de quarante mentions depuis 2007.
Vols, dégradations, détériorations, violences… Les condamnations se sont accumulées depuis ses premières comparutions devant la justice. Certaines concernent des vols aggravés, d’autres des violences ayant entraîné une incapacité. Plus récemment, en 2023, il a encore été condamné pour des vols en récidive. Sa dernière sortie de prison remonterait à neuf mois.
Le voilà pourtant de nouveau devant le tribunal. Cette fois, les faits remontent notamment au 29 août 2026, dans le centre-ville de Rennes. Le trentenaire est soupçonné d’avoir voulu voler une personne âgée de 89 ans, dont la vulnérabilité constitue une circonstance aggravante. Selon les éléments exposés à l’audience, il aurait commencé à palper ses poches. Son geste aurait été interrompu par l’intervention d’un témoin.
Quelques jours auparavant, le 14 août, une autre affaire l’avait déjà placé dans le viseur de la justice. Une carte bancaire appartenant à une personne vulnérable aurait notamment été retrouvée en sa possession. Pour la représentante du parquet Anaïs Morin, le retour derrière les barreaux ne fait guère de doute. Elle rappelle les infractions « violentes » et « crapuleuses » jalonnant son parcours et insiste sur la particulière fragilité de la victime du 29 août. À 89 ans, cette personne bousculée dans la rue « aurait pu y laisser la vie », estime-t-elle.
Surtout, le parquet redoute que l’histoire recommence. Quand la procureure cherche à comprendre comment le prévenu occupe ses journées, les réponses n’apportent guère de garanties. Sans emploi depuis 2019, bénéficiaire de l’allocation aux adultes handicapés et consommateur de stupéfiants, l’homme ne possède pas de domicile clairement établi. Pour Anaïs Morin, le risque de renouvellement est « flagrant » et ses garanties de représentation sont « quasi nulles ».
De l’autre côté de la barre, l’avocat de la défense, Adrien Hiroux décrit un homme au « parcours compliqué ». Il rappelle les conditions difficiles de certaines de ses incarcérations et les coups que son client dit avoir reçus en prison. Une porte de sortie existe, selon lui : son frère pourrait l’héberger en Loire-Atlantique. La défense propose donc un contrôle judiciaire strict, avec des obligations de pointage. Le tribunal n’a pas été convaincu. Jordy L. restera en détention jusqu’à son procès, fixé au 1er octobre 2026 à 14 h. Avant son retour en cellule, un examen médical en urgence a été demandé.


