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mardi 1 septembre 2026
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Aïkido : Jaff Raji, sur le chemin de l’immortalité

Il se consacre à l’Aïkido depuis 1984. Aujourd’hui, Jaff Raji fête le jubilé de son école. Une vie de sagesse. Un quart de siècle sur les tatamis de sa propre académie… Et une envie de transmettre toujours plus intense.

Difficile de dissocier l’image de Jaff Raji des arts martiaux à Rennes. Depuis 1984, il enseigne, transmet, partage. D’abord aux Cadets de Bretagne, puis dans sa propre école. Créée en 2001, elle fête aujourd’hui ses 25 ans. Un quart de siècle et de passion.
Une vie en kimono, presque découverte par hasard. « Je devais avoir 12 ans quand je suis tombé sur un film de kung fu à la télévision. J’ai été comme hypnotisé », se souvient le professeur, aujourd’hui sexagénaire. Mais ce ne sont pas spécialement Bruce Lee et les autres big stars qui imprègnent son esprit : « Je voulais être comme ces vieux maîtres qui forment les plus jeunes : sages, tranquilles, sans arrogance », confie-t-il.

Car ce qui frappe Jaff dans la discipline martiale, c’est l’immortalité. « Mon objectif : trouver une discipline dans laquelle je puisse vieillir moi aussi. »
Plus tard, il regarde un reportage sur Morihei Ueshiba, le fondateur de l’Aïkido. « J’ai pris conscience que ces immortels n’existaient pas qu’à Hollywood. C’était vrai », se souvient-il.
À vingt ans, Jaff décide de s’y consacrer. À 26 ans, il prépare seul -et obtient- son diplôme d’État.

2001 : l’école

En 2001, Jaff Raji crée son école de Budo. De son nom, il fait un acronyme : Rennes Aïkido Jodo Iaido : soit la voix de l’unité, du bâton et du sabre, qu’il enseigne au sein du dojo. « À cette époque, l’Aïkido était déjà très bien implanté dans le département. Très vite, le nombre de licenciés est devenu le plus important de Bretagne et des alentours », se remémore le maître. « Assurément parce que l’Aïkido n’a pas de compétitions. C’est un art de vivre. On y vient pour autre chose que pour les médailles. On y reste longtemps, sans rien devoir prouver à personne. » Autodiscipline, certes. Mais pas sans exigence ni attention.

Ses jeunes élèves de l’époque sont pour certains toujours là aujourd’hui. Leurs enfants ont à leur tour demandé à suivre les cours de Jaff Raji. « C’est cela qui est fascinant dans l’Aïkido : cette volonté de progresser ensemble. Dans la durée. Et que les anciens apprennent aux nouveaux, mais aussi ‘des’ nouveaux », affirme-t-il les yeux brillants.
Jaff Raji n’a jamais souhaité ouvrir des créneaux le mercredi après-midi. « Je ne veux pas avoir d’enfants qu’on dépose là, pour occuper le temps périscolaire. L’Aïkido, ce n’est pas la garderie », assume-t-il. « Transmettre, oui. Mais dans de bonnes conditions ». 

Sa méthode séduit. Et l’Aïkido, différent de la lutte, du contact ou du placage qui correspond de nos jours davantage au judo, attire notamment les femmes. « Moins de force et de contact prolongé. Des gestes beaux et de la puissance née de la fluidité », résume Jaff qui sent ses élèves femmes à l’aise avec lui. « Ce sont d’ailleurs souvent les mamans qui nous amènent leurs enfants, car elles perçoivent tout de suite cette confiance dans le contact et dans l’acceptation de l’autre. »

Des moments forts

Presque quarante ans après ses débuts, Jaff a encore la chair de poule et les larmes aux yeux lorsqu’il se souvient des moments de partages vécus. « En 1989, j’ai pris l’avion pour la première fois de ma vie. C’était pour animer un stage à La Réunion. J’ai découvert le bonheur d’enseigner à des inconnus », avoue-t-il. Idem lorsqu’il décolle pour 17 jours au Venezuela, invité par une ancienne élève devenue professeure en Amérique du Sud. « J’ai reçu tellement de choses… J’ai pleuré pendant trois semaines. » Il a depuis enseigné dans 35 pays. Cette année par exemple, la méthode Raji sera transmise en Hongrie, à La Réunion, en Espagne, en Allemagne, en Roumanie ou encore en Autriche.

En 2006, le rennais rencontre le maître. Celui qui au Japon est considéré comme l’héritier de la tradition. « On s’est connus et on s’est reconnus. Je l’ai ensuite invité à Rennes et l’ai suivi dans d’autres pays. Quand il parle, on écoute. Par ce que c’est lui qui sait. » De cette rencontre naît une histoire sincère, et pas uniquement basée sur la relation maître-élève.

La transmission encore et toujours

Jaff Raji est un maître. Pas encore aussi vieux que les immortels de ses films d’enfance. Mais il en prend la voie. « Je souhaite aujourd’hui former un collège technique au sein de mon école. Peut-être dirigerai-je moins de séances, pour laisser la place aux jeunes », concède-t-il en refusant pour autant de lever le pied. « Je n’arrêterai jamais. Un enseignant qui renonce, c’est le travail d’une vie qui est perdu. »

Pour découvrir l’école de Budo Raji, cliquez ici.

Julien Moreau
Julien Moreau
Julien Moreau est journaliste de presse locale et chroniqueur judiciaire. Diplômé d'école de journalisme en 2008, il a depuis été reporter pour les rédactions du Parisien-Aujourd'hui en France, Ouest France et le Télégramme. Il a également collaboré avec la presse nationale (Le Canard Enchaîné, Le Nouvel Obs, 60 millions de consommateurs et Canal+) comme correspondant justice et politique.

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