Dans la nuit du 28 au 29 août 2026, à Rennes, dans le quartier Laënnec, Wacim Wahid Chnayti, âgé de 36 ans et en état d’ivresse, blesse l’une de ses connaissances avec une arme blanche (couteau à viande). Il lui porte plusieurs coups notamment au-dessus de l’oreille gauche (une plaie de 3cm), au niveau du thorax et de la trachée. La victime présentera une incapacité totale de travail de 30 jours.
Ce jour-là, quatre SDF se rejoignent dans l’après-midi en gare de Rennes. « J’ai picolé direct », explique Wasim Whahid, surnommé Sacha. « J’ai mélangé plusieurs boissons avant de me poser en ville pour l’apéro ». Tombé dans l’alcool, il n’a aujourd’hui plus de limites ! «Je suis en train de me laisser couler. Je supporte plus ma vie. Je supporte plus rien. » Mais ce soir-là, l’homme (avec 1,48 mg d’alcool par litre d’air expiré) perd ses moyens au milieu de la soirée. Il se lève d’un coup et assène plusieurs coups de couteau à son compagnon d’ivresse, Jérôme. «Je ne sais pas ce qui s’est passé. Je me souviens de rien.» indique-t-il aux enquêteurs.
« J’ai coupé Jérôme », dira-t-il.
Ce mardi, alors qu’il comparait devant le tribunal correctionnel de Rennes dans le cadre d’une comparution immédiate, il semble présenter peu de regrets. « C’est Jérôme qui me colle ! Je ne peux plus le saquer. A chaque fois qu’il est bourré, il m’insulte. A mon avis, j’ai eu un trop plein d’accumulation. Mais c’est du n’importe quoi ce que j’ai fait,» ajoute-t-il. Au passage, il tient à évoquer son passé, une enfance marquée par un passage à l’ASE (aide sociale à l’enfance), sa dépendance à l’alcool, son trouble bipolaire et sa vie à la rue.
Plusieurs condamnations précédentes ne plaident pas en sa faveur. Son casier judiciaire comporte déjà cinq mentions, notamment pour des faits de violences, de détention d’armes, ainsi que des infractions liées à l’alcool et aux stupéfiants. Il fait l’objet d’un contrôle judiciaire pour des faits de viol et d’agression sexuelle sur une personne vulnérable. Le 24 mars 2025, le tribunal correctionnel de Rouen l’avait déjà condamné pour des violences.
C’est comme s’il avait essayé de me tuer », expliquera la victime.
A l’audience, la représentante du ministère public Anaïs Morin souligne « de réels risques de réitération des faits pour un homme qui prend peu conscience de la gravité des choses ». Elle requiert trente-six mois d’emprisonnement, assorti notamment d’une interdiction de ports d’armes et d’entrer en contact avec la victime. De l’autre côté de la barre, maître Adrien Hiroux, avocat de la défense, tente de minimiser les responsabilités de son client. « Wacim Wahid Chnayti a parfaitement conscience de ses problématiques. Les causes essentielles de ces actes sont l’alcool et son trouble bipolaire. Il se considère désespéré et appelle aux secours. »
Wacim Wahid Chnayti Iest reconnu coupable et condamné à trente-six mois d’emprisonnement, dont douze mois assortis d’un sursis probatoire sur deux ans. Il devra notamment se soigner, fixer une résidence, indemniser la victime et ne pas entrer en contact avec elle. Il lui est également interdit de porter une arme. Mais dans cette affaire, il s’en est fallu de peu que l’on finisse devant une cour d’assises.


