12.7 C
Rennes
jeudi 23 avril 2026
AccueilActualitésIL AVAIT ROUÉ DE COUPS SA COMPAGNE LE SOIR DE LA SAINT...

IL AVAIT ROUÉ DE COUPS SA COMPAGNE LE SOIR DE LA SAINT VALENTIN

De notre correspondant au tribunal

Lundi 17 février, un homme de 25 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Rennes pour des faits de violences conjugales et violences sur les forces de l’ordre. Son interpellation, particulièrement mouvementée, avait mobilisé d’importants renforts policiers.

Une nuit de Saint-Valentin qui vire au cauchemar

Tout commence dans la soirée du 14 février, à Saint-Jacques-de-la-Lande. Paniquée, une jeune femme appelle sa mère pour lui signaler les violences de son compagnon. Gifles, étranglements, coups dans le dos alors qu’elle est au sol… Face à la gravité des faits, la mère prévient immédiatement la police.

Les forces de l’ordre se rendent rapidement sur place et sont accueillies par des aboiements dès leur arrivée. Elles décrivent un comportement extrêmement virulent du suspect, fortement alcoolisé. La victime, terrorisée, met cinq longues minutes avant d’ouvrir la porte. À ce moment-là, l’homme tente de lâcher deux chiens d’attaque sur les policiers.

Une interpellation périlleuse

Une première tentative d’interpellation échoue. Un policier tente d’utiliser son pistolet à impulsion électrique, mais les chiens montrent les crocs et avancent. L’homme referme alors violemment la porte sur les agents. Quelques minutes plus tard, les forces de l’ordre utilisent du gaz lacrymogène pour tenter de maîtriser la situation. Devant la résistance du suspect, des renforts sont appelés. Malgré leur nombre, les policiers peinent à intervenir. Après 30 minutes d’efforts, ils prennent la décision d’exfiltrer la victime, sans pouvoir interpeller l’individu.

Localisation et arrestation du suspect

Le lendemain, le procureur de la République ordonne la géolocalisation du prévenu. Son arrestation est imminente. Placé en garde à vue, il se montre agressif envers les forces de l’ordre : il s’accroche aux grilles, insulte et menace de mort les policiers.

Alors qu’un agent tente de le calmer, mais l’utilisation de l’arme électrique sera de nouveau nécessaire, à deux reprises.

Lors de son audition, le prévenu tente de se justifier : « J’ai paniqué à cause du gaz lacrymogène. J’avais peur que mes chiens prennent une balle. » Il ira jusqu’à menacer un policier : « Si je fais de la prison, quand je sors, je te tue. Je connais ta tête. »

Une victime silencieuse face aux juges

Au tribunal, la victime qui avait refusé de déposer plainte et de se présenter devant le médecin légiste, est encore sous le choc. Elle refuse de s’exprimer et ne souhaite pas se constituer partie civile. 

Face aux magistrats, l’homme – un colosse de plus de deux mètres, récemment sorti de prison après près de trois ans de détention – donne sa version des faits : « Je ne pensais pas que ça irait aussi loin », déclare-t-il. « On avait bu de l’alcool, j’avais peur pour mes chiens. » Il accuse également la police d’avoir abusé de la force : « Ils étaient une douzaine contre moi. Ils m’ont mis des coups de taser sans raison. J’ai pris deux coups à la gorge, j’avais la langue gonflée. »

L’homme nie les violences, affirmant qu’il n’a aucun souvenir des faits. Pourtant, un collègue de la victime atteste avoir constaté des blessures sur elle auparavant. Les voisins, eux, évoquent des cris fréquents et des jets d’objets au sein du domicile du couple.

Interrogé sur ces accusations, le prévenu se défend maladroitement : « Dans un couple, on est deux. S’il y a eu des violences, c’est pas sans raison. » Il reconnaît néanmoins un problème d’alcool : « Je fais mon maximum pour devenir quelqu’un de meilleur. »

L’alcool n’excuse rien

Lors de son réquisitoire, la procureure de la République, Alice Barbe, insiste : « Cet homme n’est pas jugé parce qu’il est alcoolique, mais parce qu’il a commis des violences. » Elle décrit des scènes « hallucinantes » lors de l’intervention et au commissariat, dénonçant la dangerosité de l’individu. Elle requiert une peine de deux ans de prison avec mandat de dépôt ainsi que la révocation d’un précédent sursis.

Le tribunal a condamné le prévenu à une peine de 2 ans d’emprisonnement dont 8 mois assortis d’un sursis probatoire. L’homme a désormais interdiction de rentrer en contact avec la victime et de paraitre à son domicile. Le tribunal révoque par ailleurs un précédent sursis à hauteur de 3 mois.

 

Julien Moreau
Julien Moreau
Julien Moreau est journaliste de presse locale et chroniqueur judiciaire. Diplômé d'école de journalisme en 2008, il a depuis été reporter pour les rédactions du Parisien-Aujourd'hui en France, Ouest France et le Télégramme. Il a également collaboré avec la presse nationale (Le Canard Enchaîné, Le Nouvel Obs, 60 millions de consommateurs et Canal+) comme correspondant justice et politique.

// Dernières nouvelles publiées

rue Montparnasse : l’escale bretonne

À Rennes et à Saint-Malo, on a la rue de la Soif. À Paris, certains parlent de la rue de la Crêpe. Mais rue...
- Advertisement -
- Advertisement -

// Ces articles peuvent vous intéresser