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lundi 22 juillet 2024
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GRANDES DATES RENNAISES : LE 4 AOÛT 1944, LA LIBÉRATION DE RENNES

Des jeeps place de la mairie, des GI déminant le haut la rue Lebastard, des jeunes filles applaudissant les soldats américains, des scènes de liesse, du vin pour les militaires américains et des bonbons pour les enfants, des drapeaux tricolores aux fenêtres, des collabos arrêtés…Rennes est en fête ce 4 août 1944. « L’ancienne capitale de la Bretagne était belle. Elle était un vrai parterre de fleurs multicolores au passage de nos unités d’élites. Des femmes jeunes et vieilles accouraient pour nous serrer la main et embrasser nos Américains. Au passage de nos véhicules, les Français, dont beaucoup essuyaient des larmes de joie, emplissaient notre jeep de fruits et de fleurs et démontraient leur quasi-unanimité en criant « Vive l’Amérique ! », écrit un rapport de la 13infanterie américaine.

                       Mâchant du chewing-gum

Ce jour-là, les soldats du 13e régiment d’infanterie U.S pénètrent prudemment dans Rennes, les armes à la main, par la rue d’Antrain, la rue de Fougères, la rue Victor Hugo puis la rue Nationale pour gagner la place de la Mairie. Vers dix heures (neuf heures trente selon d’autres sources), le premier blindé américain fait son apparition sur la place de la Mairie venant de la rue d’Estrées. « Il est suivi de plusieurs jeeps », rapporte Marie Granet dans son livre, Défense de la France. Devant les Rennais amassés et émus, les premiers Américains, visages basanés et mâchonnant du chewing-gum arborent d’extraordinaires équipements. Ils défilent en file indienne devant les camions, les voitures, les chars en flots interminables. « La foule a envahi les rues pavoisées, hier désertes. On crie, on rit, on s’embrasse, on applaudit, on brandit des drapeaux, on baragouine de l’anglais, on casse la gueule aux derniers collabos…Dans l’allégresse générale, on en oublie presque qu’un drame s’est joué la veille de la libération de la ville. « 

                       La Marseillaise chantée

Ici où là, la joie est partout. Juché à califourchon sur le toit d’une fenêtre mansardée, un vieil homme à longues moustaches blanches à la gauloise prend une trompette pour jouer la Marseillaise. « Aux premières notes, les gens étaient silencieux. Puis ils se mirent à chanter. Le son, d’abord faible, résonna avec écho entre les murs à mesure qu’augmentait le nombre de ceux qui chantaient », écrit G. K. Hodenfield, dans Stars and Stripes  (journal de l’armée américaine). Dans l’après-midi, les Rennais sont encore plus nombreux devant la mairie et le grand balcon nord de l’hôtel de ville décoré du drapeau français et de la bannière étoilée où se trouvent Jean Marin, voix de la France Libre et le colonel de Chevigné, délégué militaire pour le front nord, entrés en ville avant les troupes américaines.

Pourtant, rien ne fut simple pour libérer Rennes. Après avoir subi de lourdes pertes (60 morts et 130 blessés dans les combats de Maison-Blanche et Saint-Laurent, environ 2000 soldats allemands sous les ordres du colonel Koenig quittent la ville à partir de 3 heures du matin par les routes secondaires.  En partant, les Allemands n’ont pas dit leur dernier mot. Après avoir fait partir un dernier train de déportation le 3 août 1944, ils font sauter plusieurs ponts (dont ceux Nemours et La Mission). « Seuls les ponts Legraverend et de Saint-Martin (un seul subsista selon d’autres sources) subsistent grâce au sang-froid de quelques riverains qui ont jeté la dynamite dans le canal. »

Mais encerclés, les envahisseurs ne peuvent plus rien faire face aux Américains aux portes de Rennes dès le 31 juillet 1944. « Heureusement, il n’y aura pratiquement pas de combats », ajoute René Chesnais dans son livre sur La guerre et la Résistance dans le sud de l’Ille-et-Vilaine. Rennes libérée, le commissaire de la République nommé par le général de Gaulle, Victor Le Gorgeu peut s’installer à la préfecture et la délégation spéciale présidée par Yves Milon, doyen de la Faculté des sciences, prendre, la mairie. Les jours suivants, les Rennais se déplaceront en nombre dans le quartier Saint-Laurent et Maison-Blanche pour voir les vestiges des combats. Pour en savoir plus voir les vidéos suivantes et le site WikiRennes

Jean-Christophe COLLET
Jean-Christophe COLLET
J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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