Charles Compagnon est un habitué des tribunes du Stade Rennais. Leader de l’opposition rennaise, il avait fait campagne lors des dernières municipales sur la construction d’un grand stade, contrairement à la maire de Rennes, Nathalie Appéré, favorable à l’agrandissement du Roazhon Park. Six mois après le scrutin, l’élu n’a pas sifflé la fin de la partie. Avec son mouvement Vivre Rennes et Carole Gandon, il veut organiser un débat public avec supporters, riverains, commerçants, acteurs économiques et spécialistes des enceintes sportives.
Ces dernières semaines, Nicolas de Tavernost, président du conseil d’administration du Stade Rennais, a réaffirmé la volonté du club et de la famille Pinault d’investir dans une nouvelle enceinte et de « rediscuter avec la mairie ». La mairie Nathalie Appéré reste, elle, sur une autre ligne de défense : celle de l’extension du Roazhon Park. Pour Charles Compagnon, son projet reste celui défendu pendant la campagne : créer à la Barre-Thomas un véritable « quartier des stades », autour d’une enceinte susceptible d’accueillir le Stade Rennais, mais également des manifestations sportives, culturelles et de grands concerts. « Ce n’est pas juste un stade. Ce sera un équipement susceptible d’accueillir concerts et grands événements », explique Charles Compagnon.
Encore faut-il trouver la place! Charles Compagnon continue de défendre le secteur de la Barre-Thomas, où il assure qu’il resterait suffisamment de foncier. « Il y a encore, à ma connaissance, plus de dix hectares disponibles sur ce site pou une enceinte d’environ 40 000 places et ses équipements annexes », explique l’élu. «Affirmer que le site ne permettrait pas un tel projet sans avoir mené d’études relève de l’intoxication », ajoute-t-il, un brin agacé.
« Le sujet est balayé d’un revers de manche par Nathalie Appéré », explique Carole Gandon.
Plutôt que de rester dans un face-à-face avec la majorité municipale, Vivre Rennes veut désormais porter le dossier dans le débat public. Le mouvement entend réunir supporters, riverains, commerçants, acteurs économiques, spécialistes et opposants au projet, lors de tables rondes ou d’ateliers. Les responsables du Stade Rennais pourraient eux aussi être conviés. « Pour faire avancer un projet, il faut des contradicteurs », explique Charles Compagnon. « C’est la meilleure manière de confronter argument contre argument, projet contre projet », explique Charles Compagnon.
Pour le leader de l’opposition, cette confrontation des points de vue ne serait d’ailleurs pas purement formelle. Il en veut pour preuve une denier rencontre avec des restaurateurs et patrons de bars du secteur de la route de Lorient, initialement hostiles au projet. « Ils étaient contre le grand stade », explique Charles Compagnon. Après avoir découvert l’ensemble du projet de « quartier des stades », certains auraient, selon lui, changé de regard. « Ils ont compris qu’au lieu de travailler tous les quinze jours, ils allaient non seulement travailler toutes les semaines, mais toute l’année avec de grands rendez-vous sportifs et culturels. », explique Charles Compagnon.
Reste toutefois une question que ce futur débat ne pourra pas éluder : celle de la dépollution de la Barre-Thomas. Le passé industriel du site pourrait peser lourd dans sa reconversion et dans le coût d’une éventuelle opération. Quelle serait l’ampleur des travaux nécessaires ? À qui incomberait la dépollution ? Et surtout, qui devrait payer ? Autant d’interrogations qui devront être levées avant d’imaginer la construction d’une nouvelle enceinte et de son accès. Rennes Infos Autrement avait déjà consacré une enquête à ce point sensible du dossier : « Nouveau stade : la dépollution de la Barre-Thomas bloque-t-elle tout ? »


